FRÉDÉRIC MANIN, DIRECTEUR COMMERCIAL

 

Nous avons rencontré Frédéric Manin, directeur commercial de L’Atelier Ponce qui se distingue sur le marché de l’alliance et du solitaire grâce à ses très belles finitions et sa fabrication française. Créée en 1886, L’Atelier Ponce est toujours en recherche d’innovations pour suivre au plus près les envies subtiles des consommateurs. Zoom sur ce spécialiste historique qui développe aujourd’hui deux marques : Bijoux Ponce et Jules & Louise.

Par Florence Gremaud

 

 

 

[LE BIJOUTIER INTERNATIONAL] Quel est le coeur de métier de L’Atelier Ponce ?

[Frédéric Manin] Depuis 1886, fondée par Jules Ponce, notre maison fabrique des alliances dans une grande diversité de styles. A noter aussi, depuis 5 ans, elle investit le territoire du bijou solitaire. Dans l’histoire de la bijouterie, L’Atelier Ponce s’est illustré par une innovation technique ; en 1900 lors de l’Exposition Universelle à Paris, L’Atelier Ponce reçoit une médaille d’or, grâce à son alliance sans soudure. C’est le fameux « Jonc parisien » avec pour caractéristiques d’associer élégance, confort absolu et sobriété.

 

[LBI] Comment expliquez- vous le confort du jonc parisien ?

[F.M.] Sans soudure, le jonc parisien est réalisé en « forgé » et fait main ; l’intérieur de la bague, bombé, offre un confort optimal pour le doigt.

 

[LBI] Quelle est la spécifi cité de la maison ?

[F.M.] Sa spécifi cité repose sur sa fabrication française pour une alliance confort, mais aussi par ses unités de production et par son engagement éthique.

 

[LBI] Quel est le procédé de fabrication si propre à votre maison ?

[F.M.] La fabrication des alliances se base tout d’abord sur un lingot. Ce n’est pas une simple découpe, mais un bijou forgé. Ainsi le métal est laminé, estampé et forgé. Cela fait toute la différence pour l’âme de l’alliance.

 

 

La médaille d’or de Jules Ponce en 1900

 

« L’alliance, datant de l’Antiquité, l’un des bijoux les plus anciens, fait transparaitre aujourd’hui une multitude de tendances de mode. C’est un élément de parure subtil qu’il faut travailler dans le détail ! »

 

 

Les alliances pavées de diamants

 

[LBI] Aujourd’hui, votre offre s’adresse à quels acteurs ?

[F.M.] Nous sommes fabricants pour les grandes maisons joaillières internationales. Et nous fabriquons nos lignes signées pour les détaillants français et internationaux (solitaires et alliances).

 

[LBI] Pourquoi s’adresser à L’Atelier Ponce ?

[F.M.] Professionnalisme, spécialiste de l’alliance, fiabilité, respect des plannings. Et surtout la taille de nos forces de production. Nos équipes sont tellement réactives (et c’est le nerf de la guerre en 2019), qu’elles peuvent répondre à une commande spéciale, ou à une série de 500 pièces. Le geste reste toujours semi artisanal. L’homme contrôle la machine et les finitions manuelles, garantissant un bijou doté d’une âme.

 

 

La PLV Ponce

 

 

Bijoux solitaires

 

[LBI] Vous proposez des collections très variées. Comment cela s’articule ?

[F.M.] Notre offre se décompose en deux grands segments. Le premier s’adresse aux joailliers-bijoutiers haut de gamme. Nous leur proposons un présentoir qui scénarise une soixantaine de pièces.

 

« L’Atelier Ponce, avec 100 % de fabrication française, se préoccupe des consommateurs et propose un or recyclé donc écologique et des tendances en finesse dans le travail du métal. »

 

Le détaillant choisit l’équilibre entre les produits factices et les pièces précieuses, pour garantir une vitrine unique. Le second segment est une solution clé en main, à travers la marque « Jules & Louise ». Celle-ci présente une centaine d’alliances sur le présentoir, se déclinant en or jaune, en or rose, en or blanc, or gris palladié non rhodié et en platine.

 

 

La ligne classique d’alliances, Atelier Ponce

 

 

[LBI] Pourquoi avez-vous construit la marque « Jules & Louise » ?

[F.M.] Grâce à elle, nous proposons une offre plus abordable avec une épaisseur d’alliances optimisée, s’approchant du panier moyen des clients. Le prix de l’or a beaucoup augmenté, avoisinant aujourd’hui les 37 500 euros/ le kilo. Grâce à la technique, nous nous adaptons aux besoins du consommateur.

 

[LBI] Au niveau des styles, que proposez-vous ?

[F.M.] Tour or, en platine, ou encore serties de pierres précieuses, nos alliances s’affichent dans des formes classiques (bien évidemment confortables), ou plus fantaisies. Avec les outils actuels, nous proposons des centaines et des centaines de finitions. Nous pouvons graver exactement la « typographie » demandée. Nous prônons la personnalisation dans tous les cas.

 

 

Les modèles bicolores avec une touche d’or rose

 

 

[LBI] Quelles sont les tendances actuelles dans l’alliance ?

[F.M.] « L’alliance couple » : en d’autres termes, le même modèle pour l’homme et la femme est de plus en plus rare. Il existe de vraies tendances dans les couleurs et les traitements de surface. L’or rose est une grande tendance. Même pour l’homme (ou la femme), le bicolore or blanc avec des touches d’or rose est plébiscité. Côté matériaux, la technique du diamanté plait beaucoup, apportant une très grande brillance à la pièce. L’alliance en diamant (tour complet ou demi-tour) est toujours très appréciée par les femmes. Quant à la gent masculine, elle aime par exemple le contraste du métal satiné/ poli ; et les détails de surface comme le strié, le diamanté… L’Atelier Ponce a repensé sa collection pour hommes, car les alliances sont de vrais marqueurs de style.

 

[LBI] Quelle est l’évolution du marché du mariage en France ?

[F.M.] La France a célébré 235 000 mariages en 2018 (progression de 7000 par rapport à 2017) dont 6000 mariages homosexuels. Globalement l’univers du mariage se porte bien et la bijouterie-joaillerie a tout intérêt à le travailler pour se rapprocher de son consommateur.

 

 

« Pour un bijoutier, proposer une offre d’alliances, c’est capter de nouveaux clients jeunes par l’aspect services. C’est un bijou qui tisse un vrai lien avec le couple qui entre dans le magasin. »

 

 

[LBI] Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par l’aspect éthique de l’or et celui des pierres ?

[F.M.] Oui tout à fait. La société évolue avec des jeunes couples qui nous demandent le processus de fabrication du bijou et du matériau. Notre or est 100 % recyclé et traçable. L’Atelier Ponce est labellisé RJC c’est-à-dire « Responsible Jewellery Council »* depuis février 2014 et CoC. Aussi tous nos fournisseurs de métaux (or, platine) et de diamants adhèrent au RJC et luttent contre le « dirty gold » et le « dirty platine ».

 

[LBI] Vous êtes défenseur du made in France ?

[F.M.] Oui. Toutes les alliances sortant de nos établis sont fabriquées en France. Nous avons le label « Joaillerie de France », certifiant que chaque pièce est fabriquée, montée, sertie, polie dans l’Hexagone, respectant les normes éthiques.

 

[LBI] Quel est votre souhait pour la distribution de votre maison ?

[F.M.] Déjà présents chez les joailliers traditionnels haut de gamme, notre objectif est d’élargir notre distribution aux indépendants, en développant nos solutions commerciales, telles les offres factices « clés en main » ou à la carte. Notre équipe commerciale sur le terrain accompagne toute demande de bijoutier pour ses alliances pour correspondre au plus près des demandes actuelles des consommateurs.

 

 

www.ponce-or.com