En vingt ans, la marque de bijoux fantaisie de la Côte d’Azur s’est hissée au rang de griffe emblématique, dotée d’une élégance « made in France ». Rencontre avec Doriane Poinot, fondatrice de la maison qui sent bon le Sud. Doriane a très tôt misé sur le salon BIJORHCA Paris pour faire connaitre ses collections.

 

Par SID-ALI CHIKH

 

 

Doriane Poinot, la fondatrice de la marque éponyme,
au cœur de son atelier de création à la recherche de nouvelles compositions.

 

 

{Le Guide du Bijou Fantaisie} Vous avez lancé Doriane Bijoux au début des années 2000 pour atteindre aujourd’hui un réseau de 250 points de vente, quatre magasins à l’enseigne et un e-shop. Quelles ont été les grandes étapes de cette ascension ?

Doriane Poinot : J’ai démarré en concevant des bijoux que j’ai d’abord vendus sur les marchés de Bandol et de Sanary, sur la Côte d’Azur. Je tiens ce goût de mon père qui était lui-même créateur de bijoux pour la haute couture. Avec lui, j’ai découvert toutes les facettes du métier et j’ai arpenté tous les ateliers de création et les salons professionnels parisiens. L’ouverture de ma première boutique à Bandol a rapidement attiré des clients multimarques, enthousiastes pour revendre les bijoux Doriane. Sur cet élan, avec mon époux et associé Patrice Rabaute, nous avons fait le grand saut en participant au salon professionnel BIJORHCA en 2008. A l’issue de l’événement, nous avions 160 revendeurs ! De quoi s’organiser et structurer la production.

 

 

Bracelet multi tours. Au cœur de l’adn de Doriane, le bijou argent et une esthétique subtile, teintée de l’esprit rock.

 

 

{Le Guide du Bijou Fantaisie} Depuis cette date vous participez assidûment à BIJORHCA Paris ? Pourquoi ce choix ?

Doriane Poinot : C’est le seul et unique salon où nous exposons en effet. Mais aujourd’hui 250 magasins en France diffusent déjà Doriane. Sur l’événement, nous y rencontrons nos clients habituels, nous présentons les nouveautés de la saison et nous prenons les commandes sur prototype avant de programmer la fabrication. A BIJORHCA Paris, nous ne cherchons donc pas de nouveaux points de vente. Aussi, nous restons sur un rayonnement national. Nous tenons à préserver le caractère artisanal de notre marque dont tous les produits sont fabriqués dans notre atelier en France. Pas question, dans ces conditions, de courir après un énorme volume croissant : cela dénaturerait notre esprit et notre modèle d’entreprise familiale. Dans ce sens nous pensons vraiment que ce salon doit aussi rester le lieu d’expression des marques créatives. A l’heure où beaucoup de griffes se copient et se cannibalisent, il est important de rester fidèle à notre originalité.

 

 

Boutique de Sainte Maxime
De Bandol à Sainte Maxime, la côte d’Azur reste le territoire d’élection des quatre magasins à l’enseigne Doriane.

 

 

Doriane Poinot :

« Le salon BIJORHCA Paris doit rester le lieu des marques créatives. »

 

 

{Le Guide du Bijou Fantaisie} Combien de personnes votre entreprise regroupe-t-elle aujourd’hui ?

Doriane Poinot : Nous sommes 38 dont 20 à 25 en production dans l’atelier dont nous venons d’agrandir la surface à 700 m². Nous venons de dédier deux personnes à temps plein pour assurer des réassorts rapides, voire injecter des petites séries en cours de saison. Nous ne pouvions pas le faire avant. Nous devions nous concentrer sur nos deux collections de plus de 2.500 références et sur l’introduction d’environ 700 nouveaux modèles par saison.

 

 

L’offre masculine : une valeur montante qui a trouvé ses adeptes dans l’univers de la télé et de la chanson.

 

 

{Le Guide du Bijou Fantaisie} Quelles seront les grandes orientations de votre prochaine collection ?

Doriane Poinot : Je suis toujours discrète sur ce point jusqu’à la veille du salon. Nous aurons toujours l’ambiance « noir – gris – rock » et une nouvelle couleur dominante encore confidentielle. Le mieux est de venir nous rencontrer sur notre stand (H29).

 

{Le Guide du Bijou Fantaisie} A quoi devez-vous le grand prix de l’innovation 2019 qui vous a été décerné ?

Doriane Poinot : La Chambre des métiers qui nous l’a remis a été sensible à l’efficacité de nos méthodes de production et à l’ouverture sur les nouvelles technologies. C’est ce qui permet à notre équipe de créer et de fabriquer en France tout en restant offensif en termes de prix, face à la production délocalisée. Cela conforte aussi la certification « Artisan d’Art » que nous avons obtenue en 2018.