Après avoir rencontré son public avec Les Georgettes, Altesse met en avant son héritage bijoutier avec Saunier. Cette nouvelle marque proposera dès le mois de janvier un univers à la rencontre des savoir-faire qui font la réputation du fabricant ardéchois depuis plus de cent ans et d’une appétence croissante du grand public pour une consommation raisonnée et dotée de sens. Rencontre croisée avec Eric Lefranc, président d’Altesse et Quentin Le Gallo, directeur général de Saunier. – Par Lily TEMPLETON

 

 

Eric LEFRANC – Président ALTESSE

 

 

Quentin Le GALLO – Directeur Général de SAUNIER

 

 

En 2020, vous lancez Saunier, nouvelle marque du groupe. Quelle est l’ambition derrière ce projet ?

Eric Lefranc [EL] : Avec Saunier, nous voulons conforter notre position de leader sur le marché du bijou accessible avec une offre contemporaine et intemporelle de bijoux de qualité créés et fabriqués pour durer. Nous avons souhaité créer une marque pour sortir de l’activité générique et valoriser le made in France. C’était la seule solution pour permettre aux bijoutiers, mais aussi et surtout aux consommateurs, de savoir qu’ils achètent des produits faits dans nos ateliers.

Saunier est le nom de la rue où est installé l’atelier de fabrication au Cheylard en Ardèche. C’est une attache à la région et à l’histoire de l’entreprise.

Quentin Le Gallo [QLG] : Pour revenir sur la genèse de Saunier, tout le monde s’accorde à dire qu’il se passe actuellement beaucoup de choses dans le monde de la bijouterie, avec énormément d’acteurs, notamment en fantaisie et en créateur. En revanche, il y a un grand perdant sur ce secteur, qui sont les pièces Classiques. Le « jean Levis » de la bijouterie n’existe pas. Aujourd’hui, à part quelques enseignes de bijouteries jetables ou très accessibles, il n’y a pas de marque de référence pour la bijouterie intemporelle accessible qui parle aux consommateurs.

L’histoire de la maison Altesse, c’est une épopée incroyable de 100 ans autour du bijou accessible de qualité. Mais jusqu’à présent, Altesse et GL étaient positionnés comme des fournisseurs, des fabricants de bijoux, de qualité et fait pour durer, mais n’avaient pas la reconnaissance d’une marque dans l’œil du consommateur. C’est pourquoi notre ambition est de se remettre au centre des attentions et de devenir la référence de marque intemporelle et accessible.

 

De GL à Saunier, quel est votre vision de cette évolution pour le groupe ? Comment passe-t-on d’un produit à la valorisation d’un patrimoine et d’une expertise ?

QLG : C’est une décision très importante pour nous. C’est le passage d’une collection à une marque. Nos collections marchent bien, et nous avons retrouvé de très beaux clients en 2019. Mais le client final ne nous connaît pas. Et le seul moyen pour faire en sorte qu’il nous découvre, c’est au travers d’une marque. Créer une marque est devenu une évidence pour exprimer qu’en plus du produit, il y a cent ans d’histoire et de savoir-faire, mais également transmettre au client final la même émotion qui incarne nos équipes travaillant chaque jour sur ce projet !

Grâce à l’expérience acquise avec Les Georgettes, nous avons tous les outils pour mettre en valeur nos collections auprès du client final. Toutes nos valeurs sont aujourd’hui chères au client : consommer mieux, avoir un achat qui a du sens, mais sans oublier le style ; c’est un achat durable par le style et par la qualité.

Nos bijoux racontent notre patrimoine et notre histoire, pour certaines pièces, nous sommes juste venus les mettre en lumière afin de montrer leur qualité et leur style. Nous avions besoin d’une marque pour transmettre un message clair au client final, raconter l’histoire de l’entreprise, l’histoire de la bijouterie et véhiculer l’émotion et la passion partagé par les équipes.

 

 

Ce désir de mettre en avant un savoir-faire et une fabrication française se marie-t-il pleinement à la dualité d’ateliers en Ardèche pour le métal et en Thaïlande pour le travail des pierres ?

EL : Nous communiquons et sommes très clairs sur le fait que tous nos bijoux sont faits dans nos ateliers, et non achetés. Nous fabriquons dans nos ateliers en Ardèche les collections tout métal. Ces produits seront bien identifiés comme des produits Made in France.

Le serti nécessite un grand nombre de manipulations manuelles qui ne permettent pas de produire en France en toute transparence des bijoux vendus entre 50 et 200 euros. Nos pièces empierrées sont fabriquées dans nos ateliers à Chiangmai, en Thaïlande. Chiangmai est la capitale de l’artisanat et du travail d’art. Il suffit d’y aller pour constater qu’il y a un grand savoir-faire. Nous y avons un très bel atelier, créé par des anciens d’Altesse, avec des équipes très fidèles qui sont là depuis plusieurs dizaines d’années.

Notre politique est de fabriquer en France un maximum de produits. Lors de la reprise du groupe il y a 5 ans, la production était d’environ 50% de fabrication asiatique, 50% de fabrication française. Aujourd’hui, nous produisons 75% en France et 25% en Thaïlande.

 

« La volonté est de pouvoir communiquer sur notre fabrication qui est réalisée dans nos ateliers et tout particulièrement nos ateliers français »

 

Les consommateurs, surtout dans le domaine de la bijouterie accessible, sont-ils sensibles à cet argument du made in France, d’une mise en valeur d’un patrimoine ?

QLG : L’essence de Saunier vient d’une demande du consommateur de retrouver un repère dans le monde de la bijouterie, surtout pour des pièces classiques et intemporelles. De leur envie d’avoir des gammes accessibles mais qualitatives et dotées de sens, donc une marque pour les reconnaître. Les retours que nous avons aujourd’hui de nos différents partenaires et clients nous confirment que nous sommes dans la bonne voie.

EL : De manière générale, les clients veulent connaitre et comprendre ce qu’ils achètent et cela passe par la marque. D’un autre côté, si nous voulons valoriser le savoir-faire, il faut que les clients puissent l’identifier aisément et l’associer à une marque, tout en créant un environnement de marque sur lequel communiquer.

Sinon, on se retrouve dans ce qu’on appelle du générique, c’est à dire mélangé avec d’autres produits. La volonté est de pouvoir communiquer sur notre fabrication qui est réalisée dans nos ateliers et tout particulièrement nos ateliers français. Notre atelier au Cheylard est l’un des derniers et le plus gros atelier de fabrication de bijoux accessible en France. Les autres unités de fabrication en France sont tournées vers la joaillerie et le précieux.

Les consommateurs sont sensibles à l’authenticité d’une entreprise, à sa transparence et à sa politique. GL/ Altesse est depuis toujours une société française exemplaire en termes de savoir-faire, d’engagement sociétale et de respect des législations. Nous souhaitons mettre en lumière ces atouts afin que le client final nous connaisse et nous reconnaisse.

 

Parlez-nous du positionnement de la marque par rapport au marché, car c’est un secteur où il y a une profusion de propositions très contrastées en termes de qualité.  Quel sera celui de Saunier ?

EL : La maison est réputée pour sa fabrication, tout particulièrement sur le plaqué or. Ce sont des bijoux conçus et fabriqués pour durer, pouvoir se transmettre. En opposition avec toutes ces accumulations de bijoux de piètre qualité qui sont à consommer comme du fast food. Ce sont de beaux bijoux, de belle qualité et qui durent.

QLG : Par rapport au marché, aujourd’hui il n’y a plus de marque de bijoux intemporels de référence et le client est en demande d’une marque ayant des valeurs à raconter. Le savoir-faire et les traditions, la qualité en restant accessible sont des points importants pour les clients d’aujourd’hui.

Le positionnement prix sera entre 30 et 100 euros, la qualité des pièces leur donne une belle valeur perçue.  Le prix va être une bonne surprise pour le client étant donné l’environnement haut de gamme de la marque (soin et le détail qui a été mis dans l’ensemble des displays, avec l’écrin etc.) que nous déployons en restant accessible, pour un achat plaisir ou d’événement.

 

Quel est donc le style Saunier ?

QLG : L’élément phare de Saunier est son savoir-faire, tous ses savoir-faire. Nous avons 100 ans d’histoire avec des métiers comme le tréfilage, le tricotage, l’estampage, la galvanoplastie… C’est leur association avec un style qui créé l’unicité. Revisiter des intemporels avec ces savoir-faire créer des pièces différentes, et offre un vestiaire au client.

Le style Saunier, c’est une histoire de bijoux intemporels mais redessiné avec style et modernité. Nous connaissons les savoir-faire et les « classiques » de la bijouterie et nous les réinterprétons afin de leur donner une touche contemporaine. Nos joncs, nos créoles peuvent être portés et être offerts à de nombreuses personnalités différentes. Nous aimons le bijou, son histoire, sa fabrication et nous souhaitons mettre cette passion au cœur de nos créations. Le style Saunier c’est un équilibre juste entre la création, la mode et le classique. C’est donner envie de porter des bijoux d’hier à des filles d’aujourd’hui.

 

Et en termes de produits ? Comment s’articulera l’offre ?

QLG : On a décidé de garder les codes de la bijouterie avec un argent rhodié 925 millièmes et un plaqué or entre 3 et 5 microns, une finition réputée dans la profession en raison du niveau d’excellence de notre savoir-faire dans le domaine. Les pierres seront du zirconium et de la nacre.

Nos produits sont connus et reconnus par la profession comme des produits de référence. Nous allons continuer dans cette voie. Notre bureau de style Parisien, qui travaille également sur la marque “Les Georgettes“ s’est attelé à revisiter l’intemporel, définir à quoi ressemble le jonc ou la créole d’aujourd’hui. En interne, on appelle cela le « style durable ». Nous ne sommes pas une marque « créateur », donc nous ne voulons pas nous perdre dans le style mais proposer des intemporels revisités, avec des détails qui font la différence.

Notre jonc Marius est un bon exemple, c’est à la fois un bijou classique que nous fabriquons depuis des années, mais il est unique dans sa réalisation et moderne dans son style. Il utilise la technique du tréfilage : des fils de métal que nous torsadons, que nous mettons en forme et que nous soudons. Tout est dans le détail, qui va non seulement donner une pièce durable, signer un style mais également perdurer nos traditions, notre savoir-faire et le transmettre.

 

A quoi va ressembler Saunier, tant au niveau de l’identité visuelle que des valeurs véhiculées par cette identité ?

QLG : Le logo Saunier est un S qui représente à la fois un maillon de chaîne et un poinçon, une alliance qui s’est imposée comme représentative de nos codes, avec sobriété et sens du détail. L’identité sera appliquée à des displays qui sont très modulaires, afin de mettre en valeur la qualité et l’ensemble des typologies de produits.

Ce territoire et cette histoire de la bijouterie est un terrain de jeu très intéressant pour notre bureau de style. La collection décline des joncs, créoles, chevalière que nous appelons “le vestiaire de la bijouterie”, c’est-à-dire les pièces intemporelles que toutes les femmes ont dans leur boite à bijoux. Saunier ne se veut pas mode et inaccessible ou trop fantaisie en termes de style. L’idée est de jouer avec les tendances et nos envies, de les mixer avec notre histoire et nos savoir-faire afin de créer des bijoux d’aujourd’hui, des bijoux bien réalisés, créés pour durer.

Ce côté « produits hauts de gamme mais accessibles » a été repensé et décliné sur les displays, les écrins, la sacherie… C’est vraiment une création, chaque produit est unique et nous voulons que le client se rende bien compte d’où vient son produit, à tous points de vue.

EL : Nous voulons vraiment être en opposition avec les accumulations d’achats jetables. Des bijoux qui peuvent se porter sur la durée, avec un style intemporel. Notre bureau de style les a travaillés de manière contemporaine, mais toujours avec une intemporalité pour les faire perdurer dans le temps.

Entre Les Georgettes et Saunier, nous partageons des valeurs communes que sont l’attachement au territoire, au Made in France. Dans l’étude de clientèle, outre le fait que le bijou leur plaisait, nous avons pu voir que la fabrication française et sa défense étaient très importantes.

 

Vous aviez également une offre destinée aux bijoutiers en marque blanche, notamment chez GL. Quid de cette partie de votre activité ?

EL : L’intégralité de cette offre a été revue et modernisée. Tous les produits en marque blanche sont réintégrés et seront désormais commercialisés auprès des bijoutiers sous la marque Saunier. L’entreprise continuera à proposer des services de création pour des acteurs et grands comptes qui vendent sous leur enseigne. On a maintenu les intemporels qui fonctionnaient bien. Quand nous avons repris l’entreprise, certains ont été remis au goût du jour et modernisés, bien entendu, par notre bureau de style.

 

Que vont découvrir les bijoutiers mi-janvier ?  Quels sont les grands rendez-vous ?

QLG : Le concept et son articulation, en amont de la commercialisation. Nous avons également déployé un plan de communication digitale 360°, démarrant au moment de la communication avec les bijoutiers, et se déployant en parallèle sur les réseaux sociaux, avec une équipe dédiée. Les Georgettes nous ont appris que c’est un focus très important. De plus, Saunier a un ADN qui résonnera sur ces supports, car c’est une marque qui a beaucoup de chose à raconter.

La communication va monter en puissance progressivement jusqu’en mai, avec la fête des mères et la demande forte de la part des clients finaux sur cette période clé avec notamment un événement physique qui regroupera plusieurs acteurs autour de nos valeurs. C’est à partir de ce moment que Saunier commencera à exister dans l’écosystème français des marques défendant les mêmes valeurs que nous.

Le pivot de la relation commerciale et du contact client, c’est le bijoutier. Le digital permet au client de découvrir pour la première fois la marque et ainsi de venir la rechercher chez nos bijoutiers partenaires. Pour créer une relation durable avec le client, nos bijoutiers ont un rôle essentiel. Ce sont eux qui portent les couleurs et l’image de l’entreprise, racontent avec émotion notre histoire, qui est également l’histoire de leur métier et de ces bijoux qui sont le vestiaire d’aujourd’hui. Raconter notre histoire permettra aussi de redonner du sens à l’achat, nous en sommes convaincus.

Si des corners sont envisagés pour la seconde partie de l’année, nous ne sommes pas dans une logique d’ouverture de points de vente et préférons mettre l’accent sur une immersivité chez nos bijoutiers partenaires.

 

Outre Saunier, que se passe-t-il au niveau des autres marques du groupe ?

EL : Le groupe va bien ! Nous avons concentré toute notre offre sur deux marques, Les Georgettes et Saunier, tout en conservant notre activité de fabrication pour certains grands comptes avec qui nous avons une collaboration de longue date. Avec Saunier, on veut reprendre une place et une part de marché importante dans ce segment que je qualifierais de bijouterie intemporelle et contemporaine.

La croissance de Les Georgettes continue, même si ce n’est plus la croissance à trois chiffres que nous avons connus car nous avons pris une part de marché significative. Nous mettons en place des environnements très visibles de la marque au sein des clients bijoutiers, avec 150 Shop-in-Shop sur les 18 derniers mois. Nous avons aussi commencé à lancer quelques boutiques et allons développer les franchises pour mieux adresser certains centres-villes, et centres commerciaux, de sorte à améliorer notre présence et notoriété sur le marché français.

Nous allons étendre l’offre horlogerie et maroquinerie sur Les Georgettes afin que celles-ci deviennent des collections à part entière.  Nous souhaitons aujourd’hui créer une marque autour de l’accessoire personnalisable. L’ensemble continue à se déployer au sein d’un univers en shop-in-shop ou dans les grandes villes, en boutique. Au niveau du bijou, nous aurons en 2020 beaucoup de très belles nouveautés dont quelques nouveaux concepts très innovants sur lesquels nous portons beaucoup d’espoir.

Selon les statistiques officielles, le groupe a repris sa place de numéro un chez les HBJO Français sur le marché de la bijouterie accessible en 2019. C’est une belle satisfaction dont nous sommes fiers.

 

A quoi ressemblera ce concept, notamment dans son incarnation en corner et boutiques ?

EL : Trois boutiques en France à Paris, Lille et Strasbourg nous ont permis d’affiner le concept, qui est maintenant en phase finale et peut être ouvert à la franchise. L’idée est de mélanger les styles, un appartement haussmannien en référence à notre histoire avec des touches de mobiliers aux inspirations scandinaves, hommage au design des années 60, le tout dans une décoration moderne mais cosy. Puis, de la couleur, ce qui donne aux boutiques Les Georgettes une ambiance chaleureuse, moderne et féminine.

L’ensemble a été conçu en interne, par une équipe de 3 architectes que nous avons constituée, et conjointement avec notre bureau de style.

 

Hors des frontières de l’Hexagone, comment se passe le développement ?

EL : Les Georgettes séduisent aussi à l’international. L’Europe est notre principal focus avec 1.500 points de vente et la constitution de filiales en Allemagne, Italie, Espagne et Angleterre où nous avons installé des forces de vente en propre. Pour les trois principaux marchés grand export que sont les US, la Chine et le Japon, nous travaillons pour développer la marque sur le long terme et nous avons ouvert en 2018 notre première boutique à Shanghai et à Tokyo. L’entreprise investit dans son développement international sans oublier la France. Avant d’être fort à l’international, il faut d’abord être fort chez soi.

 

 

English version :

SAUNIER, BIRTH OF A NEW BRAND

After meeting his audience with Les Georgettes, Altesse highlights his jewellery heritage with Saunier. From January, this new brand will offer a universe where the know-how that has made the reputation of the Ardèche-based manufacturer for over a hundred years meets the growing appetite of the general public for reasoned and meaningful consumption. Crossed meeting with Eric Lefranc, President of Altesse and Quentin Le Gallo, Managing Director of Saunier. – By Lily TEMPLETON

 

In 2020, you launch Saunier, the group’s new brand. What is the ambition behind this project ?

Eric Lefranc [EL] : With Saunier, we want to consolidate our leading position in the accessible jewellery market with a contemporary and timeless offering of quality jewellery designed and made to last. We wanted to create a brand to move away from the generic activity and to promote the value of made in France. It was the only solution to allow jewellers, but also and above all consumers, to know that they are buying products made in our workshops. Saunier is the name of the street where the workshop is located in Le Cheylard in Ardèche. It is an attachment to the region and the history of the company.

Quentin Le Gallo [QLG] : To come back to Saunier’s genesis, everyone agrees that there is a lot going on in the jewellery world at the moment, with a lot of actors, especially in fantasy and design. On the other hand, there is a big loser in this sector, which is the Classic pieces. The « jean Levis » of jewellery does not exist. Today, apart from a few disposable or very accessible jewellery brands, there is no reference brand for accessible timeless jewellery that speaks to consumers. The history of the House of Highness is an incredible 100-year epic around accessible quality jewellery. But until now, Highness and GL were positioned as suppliers, manufacturers of jewellery, quality and made to last, but lacked brand recognition in the eye of the consumer. That is why our ambition is to put ourselves back at the centre of attention and to become the timeless and accessible brand reference.

 

From GL to Saunier, what is your vision of this evolution for the group? How does one go from a product to the enhancement of a patrimony and expertise ?

QLG : This is a very important decision for us. It’s the transition from a collection to a brand. Our collections are doing well, and we have found some very nice customers in 2019. But the end customer doesn’t know us. And the only way to make them discover us is through a brand. Creating a brand has become an obvious way to express that, in addition to the product, there is a hundred years of history and know-how, but also to convey to the end customer the same emotion that embodies our teams working on this project every day!

Thanks to the experience gained with Les Georgettes, we have all the tools to showcase our collections to the end customer. All our values are now dear to the customer: to consume better, to have a purchase that makes sense, but without forgetting style; it is a sustainable purchase through style and quality.

Our jewels tell our heritage and our history, for some pieces, we just came to highlight them in order to show their quality and style. We needed a brand to convey a clear message to the end customer, to tell the story of the company, the history of jewellery and to convey the emotion and passion shared by the teams.

 

Does this desire to showcase French know-how and manufacturing go hand in hand with the duality of workshops in the Ardèche for metal and Thailand for stone work ?

EL : We communicate and are very clear about the fact that all our jewellery is made in our workshops, not bought. We make in our workshops in Ardèche the all-metal collections. These products will be well identified as Made in France products.

The setting requires a lot of manual handling which does not allow us to produce in France in full transparency jewellery sold between 50 and 200 euros. Our stone pieces are made in our workshops in Chiangmai, Thailand. Chiangmai is the capital of craftsmanship and artwork. You only have to go there to see that there is a great know-how. We have a very beautiful workshop there, created by former Highnesses, with very loyal teams who have been there for several decades.

Our policy is to manufacture a maximum number of products in France. When the group was taken over 5 years ago, production was about 50% Asian, 50% French. Today, we produce 75% in France and 25% in Thailand.

 

« The will is to be able to communicate on our production which is carried out in our workshops and especially our French workshops. »

 

Are consumers, especially in the field of accessible jewellery, sensitive to this argument of « made in France », of an enhancement of a heritage ?

QLG : The essence of Saunier comes from a consumer demand to find a reference point in the world of jewellery, especially for classic and timeless pieces. From their desire to have ranges that are accessible but qualitative and endowed with meaning, therefore a brand to recognize them. The feedback we have today from our various partners and customers confirms that we are on the right track.

EL : Generally speaking, customers want to know and understand what they are buying and that goes through the brand. On the other hand, if we want to value know-how, customers need to be able to easily identify it and associate it with a brand, while at the same time creating a brand environment on which to communicate.

Otherwise, we end up with what we call generic, i.e. mixed with other products. The desire is to be able to communicate about our production, which is carried out in our workshops and especially our French workshops. Our workshop in Le Cheylard is one of the last and largest accessible jewellery making workshop in France. The other manufacturing units in France are turned towards jewellery and precious stones.

Consumers are sensitive to the authenticity of a company, its transparency and its policy. GL/ Altesse has always been an exemplary French company in terms of know-how, social commitment and respect for legislation. We wish to highlight these assets so that the end customer knows and recognises us.

 

Tell us about the positioning of the brand in relation to the market, as this is a sector where there is a profusion of very contrasting proposals in terms of quality. What will be Saunier’s positioning ?

EL : The company is renowned for its manufacturing, especially in gold plating. These are jewels designed and manufactured to last, to be able to be passed on. In opposition to all these accumulations of poor quality jewellery that are to be consumed like fast food. These are beautiful jewels, of good quality and that last.

QLG : Compared to the market, today there is no longer a reference brand of timeless jewellery and the customer is in demand for a brand with values to tell. Know-how and traditions, quality while remaining accessible are important points for today’s customers.

The price positioning will be between 30 and 100 euros, the quality of the pieces gives them a nice perceived value. The price will be a good surprise for the customer given the high-end environment of the brand (care and detail that has been put in all displays, with the case etc.) that we deploy while remaining accessible, for a purchase for pleasure or event.

 

So what is the Saunier style ?

QLG : The flagship of Saunier is its know-how, all its know-how. We have 100 years of history with looms such as wire drawing, knitting, stamping, electroplating… It is their association with a style that creates uniqueness. Revisiting the timeless with these skills create different pieces, and offers a wardrobe to the customer.

The Saunier style is a story of timeless jewelry but redesigned with style and modernity. We know the know-how and the « classics » of jewellery and we reinterpret them in order to give them a contemporary touch. Our rushes, our creoles can be worn and offered to many different personalities. We love jewellery, its history, its manufacture and we wish to put this passion at the heart of our creations. The Saunier style is a fair balance between creation, fashion and classic. It is to make girls want to wear yesterday’s jewellery to today’s girls.

 

And in terms of products ? How will the offer be articulated ?

QLG : We have decided to keep the codes of the jewellery with a 925 thousandths rhodium-plated silver and a gold-plated between 3 and 5 microns, a finish renowned in the profession because of the level of excellence of our know-how in the field. The stones will be zirconium and mother-of-pearl.

Our products are known and recognized by the profession as reference products. We will continue in this way. Our Parisian style office, which is also working on the « Les Georgettes » brand, has set about revisiting the timeless, defining what today’s rush or Creole looks like. Internally, this is called « sustainable style ». We are not a « designer » brand, so we don’t want to get lost in style but to offer timeless revisited, with details that make the difference.

Our Marius rush is a good example, it is both a classic jewel that we have been making for years, but it is unique in its realization and modern in its style. It uses the technique of wire drawing: metal wires that we twist, shape and weld. It is all in the detail, which will not only give a lasting piece, sign a style, but also perpetuate our traditions, our know-how and pass it on.

 

What will Saunier look like, both in terms of visual identity and the values conveyed by this identity ?

QLG : The Saunier logo is an S which represents both a chain link and a hallmark, an alliance that has become representative of our codes, with sobriety and a sense of detail. The identity will be applied to displays that are very modular, in order to highlight the quality and all types of products.

This territory and history of jewellery is a very interesting playground for our style office. The collection includes rushes, creoles, signet rings that we call « the jewellery wardrobe », that is to say the timeless pieces that every woman has in her jewellery box. Saunier does not want to be fashionable and inaccessible or too fancy in terms of style. The idea is to play with trends and our desires, to mix them with our history and our know-how in order to create today’s jewellery, well-made jewellery, created to last.

This « high-end but accessible products » aspect has been rethought and declined on displays, boxes, bags… It is really a creation, each product is unique and we want the customer to be aware of where his product comes from, in all respects.

EL : We really want to be in opposition to the accumulation of disposable purchases. Jewellery that can be worn over time, with a timeless style. Our style office has worked on them in a contemporary way, but always with a timelessness to make them last over time.

Between Les Georgettes and Saunier, we share common values that are the attachment to the territory, to the Made in France. In the customer survey, apart from the fact that they liked the jewel, we were able to see that French manufacturing and its defence were very important.

 

You also had an offer aimed at white-label jewellers, notably at GL. What about this part of your business?

EL : This entire offer has been reviewed and modernised. All white label products have been reintegrated and will now be marketed to jewellers under the Saunier brand. The company will continue to offer design services for players and key accounts that sell under their brand name. The timeless ones that worked well have been maintained. When we took over the company, some were brought up to date and modernised, of course, by our style office.

 

What will the jewellers discover in mid-January? What are the major events?

QLG : The concept and its articulation, upstream of marketing. We have also deployed a 360° digital communication plan, starting at the time of communication with the jewellers, and rolling out in parallel on social networks, with a dedicated team. Les Georgettes has taught us that this is a very important focus. In addition, Saunier has a DNA that will resonate on these media, because it is a brand that has a lot to tell.

Communication will gradually increase until May, with Mother’s Day and the strong demand from end customers during this key period, with a physical event that will bring together several players around our values. It is from this moment that Saunier will begin to exist in the French ecosystem of brands defending the same values as we do.

The pivot of the commercial relationship and customer contact is the jeweller. Digital technology allows the customer to discover the brand for the first time and thus to come and look for it at our partner jewellers. To create a lasting relationship with the customer, our jewellers play an essential role. They are the ones who wear the colours and image of the company, they tell our story with emotion, which is also the story of their profession and of these jewels which are the cloakroom of today. Telling our story will also give meaning to the purchase, we are convinced.

If corners are envisaged for the second part of the year, we are not in a logic of opening points of sale and prefer to put the emphasis on an immersive experience at our partner jewellers.

 

Apart from Saunier, what about the other brands of the group?

EL : The group is doing well! We have concentrated our entire offer on two brands, Les Georgettes and Saunier, while keeping our manufacturing activity for certain key accounts with whom we have a longstanding collaboration. With Saunier, we want to regain a place and a significant market share in this segment that I would describe as timeless and contemporary jewellery.

The growth of Les Georgettes continues, even if it is no longer the three-digit growth we experienced because we have taken a significant market share. We are establishing highly visible brand environments among jewellery customers, with 150 Shop-in-Shops in the last 18 months. We have also started to launch a few boutiques and will develop franchises to better address certain city centres and shopping malls, in order to improve our presence and awareness in the French market.
We are going to extend the watch and leather goods offer on Les Georgettes so that they become collections in their own right. Today we want to create a brand around customizable accessories. The whole range continues to be deployed in a shop-in-shop universe or in large cities, in boutiques. As far as jewellery is concerned, in 2020 we will have a lot of very beautiful new products, including some very innovative new concepts on which we have high hopes.

According to official statistics, the group has regained its number one position among French HBJOs on the accessible jewellery market in 2019. This is a great satisfaction that we are proud of.

 

What will this concept look like, especially in its incarnation in corners and boutiques?

EL : Three boutiques in France in Paris, Lille and Strasbourg have allowed us to refine the concept, which is now in its final phase and may be open to franchising. The idea is to mix styles, a Haussmann-style apartment in reference to our history with touches of Scandinavian-inspired furniture, a tribute to the design of the 60s, all in a modern but cosy decor. Then, colour, which gives Les Georgettes boutiques a warm, modern and feminine atmosphere.

The whole has been designed in-house, by a team of 3 architects that we have put together, and in conjunction with our style office.

 

Outside of France, how is the development going?

EL : Les Georgettes are also attracting international attention. Europe is our main focus with 1,500 sales outlets and the creation of subsidiaries in Germany, Italy, Spain and England where we have set up our own sales forces. For the three main export markets of the US, China and Japan, we are working to develop the brand over the long term and in 2018 we opened our first boutique in Shanghai and Tokyo. The company is investing in its international development without forgetting France. Before being strong internationally, you first have to be strong at home.