Franck Fenerlian

Franck Fenerlian

Lancée au début des années 2000, la maison Négoce-Îles, originaire de Tahiti, exporte en direct des fermes perlières de Polynésie Française les plus belles perles de l’île. Spécialisé dans la vente en gros, Négoce-Îles a ouvert un bureau à Paris en 2005. Grâce à des prix attractifs et des produits de qualité, la société a su rapidement s’imposer comme une référence en France. Aujourd’hui, la maison Négoce-Îles poursuit son développement et multiplie les actions pour accroitre sa notoriété. Rencontre avec Franck Fenerlian, dirigeant de la société.

Négoce-îles vient de récupérer la marque Tahizea. Pourquoi ce rachat ?

Il s’agit pour le moment d’un contrat de distributeur qui a démarré en France et en Europe début février. Il devrait se finaliser par une cession complète d’ici un an et demi. Étant donné que la société n’est pas en très bon état, nous avons pour objectif de tout rétablir.

Que vous apporte Tahizea ?

La notoriété et l’image de marque. C’est une société qui existe depuis dix ans et qui est très connue aux États-Unis, à Hong-Kong, et au Japon. Il y a quatre ans, la société était en plein boom. Depuis, il y a eu des problèmes en interne. Une belle occasion pour nous qui cherchons à nous ouvrir à l’Europe. Comme nous sommes présents sur plusieurs salons à l’export, nous souhaitons représenter la marque et parallèlement profiter de sa réputation. Cela peut être un véritable plus !

Comment va se dérouler l’implantation en magasins ?

Nous avons cinq commerciaux très actifs qui travaillent sur les collections. Pour le moment, nous sommes dans une phase d’observation ; nous attendons les commandes et nous aviserons. Nous faisons le point sur le stock et sur les produits qu’il faut réapprovisionner. Une fois cette phase terminée, nous tenterons les référencements chez les centrales d’achat comme les Nouveaux Bijoutiers. Concernant la grande distribution, c’est plus compliqué, compte tenu des tarifs. Comme c’est une marque avec un positionnement un peu cher, les grandes enseignes sont plutôt frileuses. Mais on peut toujours essayer !

Quel est le montant de l’acquisition ? Pouvez-vous nous en dire plus sur les coulisses de cette opération ?

Pour le moment, je ne sais pas du tout ! Concernant les coulisses, soit la partenaire trouvait quelqu’un de sérieux pour distribuer en France, soit elle arrêtait la marque. Nous sommes là depuis dix ans, et nous travaillons sérieusement. L’objectif est de remettre la société dans le droit chemin notamment en améliorant les délais de livraison pour être réactifs face aux commandes des détaillants, en 24/48h.

Quels sont les best-sellers de la marque ?

Il y a cinq produits qui marchent très bien comme le collier Vana, dont la forme s’inspire de l’épine d’oursin, ou la bague Rau dont le motif évoque la forme d’une feuille. Des pièces élégantes et intemporelles qui plaisent aussi bien aux jeunes qu’aux personnes plus âgées.

 

 

 “Deux mois par an, nous allons en Polynésie Française où nous achetons les perles dès qu’elles sortent de l’eau.”

Quelle est la situation du marché de la perle de Tahiti ?

Depuis deux ans, j’ai l’impression que c’est en baisse. A l’image des grossistes comme Porchet, tout le monde doit faire face à la crise. Il y a un mois, nous étions au salon Printor à Lyon et le moral n’était pas bon. Alors qu’en Allemagne, où nous sommes allés dernièrement, personne ne parle de crise ! Il semble que la France soit particulièrement touchée mais aussi l’Italie, la Grèce et l’Espagne. Malgré tout, nous avons un bon marché sur la France. Notre agent va développer les grands comptes en Allemagne, en Suisse, au Luxembourg et peut-être dans les pays scandinaves. Mais il y a déjà beaucoup de travail en France où l’on compte 25 sociétés semblables à la nôtre.

Est-ce que vous prévoyez d’autres acquisitions dans un futur proche ?

Non, mais peut-être une fusion sur le moyen terme avec une grosse entreprise de perles pour concevoir une structure plus importante. Pour le moment, on ne peut encore rien dire, mais il ne s’agit pas de Porchet ! Grâce à notre savoir-faire et l’expérience de cette entreprise qui existe depuis 30 ans, cette fusion nous permettrait de franchir un nouveau cap ! Tous les grossistes se fournissent à Hong-Kong, tandis que nous privilégions la qualité des fermes perlières de Tahiti. Deux mois par an, nous allons en Polynésie Française où nous achetons les perles dès qu’elles sortent de l’eau. Nous avons de la famille sur place, nous entretenons une relation privilégiée avec les perliculteurs. Comme nous achetons toutes les récoltes, les perles les moins belles restent à Tahiti où elles sont vendues sur les marchés. Pour la France, nous n’exportons que les belles et cela nous permet d’avoir un rapport qualité/prix très intéressant sur nos bijoux.

Propos recueillis par David Xoual