
Installé au coeur du quartier Montorgueil à Paris, Surya Mathew, à la tête de la maison éponyme, nous ouvre les portes du temple de ses créations de haute joaillerie. Un voyage franco-indien aussi sacré que précieux.
Par Holly L.
Dans l’atelier de Surya Mathew, la flamme d’une lampe à huile demeure toujours allumée, en signe de protection. Située dans l’ancien berceau de la joaillerie parisienne à Montorgueil, la Maison Surya Mathew a été pensée comme un cabinet de curiosités, dans lequel chaque création côtoie des objets personnels, de la marqueterie fine à l’imposante fresque peinte sur le mur principal de son espace. « Cette fresque représente un paysage de mon enfance, en Inde du Sud, où j’ai appris l’art joaillier auprès de mon maître Nadesan », raconte celui qui, dès l’âge de 13 ans, se forma auprès de son deuxième Maître Joaillier, Dhanapalan, qui lui permettra de poursuivre son apprentissage.
« Ce sont des années d’observation pour apprendre les techniques ancestrales que mon maître m’a transmises comme le fait de souffler dans une pipette dirigée vers une flamme soutenue par de la cire, afin de faire sortir de l’oxygène, et de la diriger à l’endroit où il fallait souder ou fondre le métal. » Ce dernier désigna Surya Mathew comme successeur de sa lignée familiale. On parle alors de haute joaillerie sacrée franco-indienne, au centre de son art.

La nature en héritage
« Ma mère avait un atelier de textile pour les femmes, j’ai toujours été inspiré par les couleurs… se remémore-t-il. La nature, les oiseaux, les plumes, la lumière me fascinent. » Alliés au métal et au végétal, l’univers floral et les abeilles dominent son art. « On pourrait dire que j’imagine les bijoux comme une cueillette ! ».
Il a quitté sa ville natale pour se former à la Haute École de Joaillerie de Paris et travailler dans plusieurs Maisons de la Place Vendôme. « J’ai fondé la Maison Surya Mathew parce que je ne me sentais plus aligné avec les nouvelles techniques de création, qui incluent systématiquement de la 3D. J’aime créer une pièce de A à Z. » Au sein de son atelier, composé de quatre apprenti.es, en alternance et de six salarié.es joailliers sertisseurs, Surya confectionne main dans la main des pièces d’exception, à partir de…
Page 30 du magazine Le Bijoutier International n° 896 – Ci-après


















