La Chine s’accapare le marché du luxe
Le fait est révélateur. Début décembre, PPR a annoncé l’acquisition d’une participation majoritaire dans la marque de joaillerie chinoise, Qeelin. Une transaction dont la finalisation est attendue pour le mois de janvier 2013. Grâce à cette opération, le groupe français renforce son portefeuille de marques de luxe sur le segment de la joaillerie. Si cette […]

François-Henri Pinault

Le fait est révélateur. Début décembre, PPR a annoncé l’acquisition d’une participation majoritaire dans la marque de joaillerie chinoise, Qeelin. Une transaction dont la finalisation est attendue pour le mois de janvier 2013. Grâce à cette opération, le groupe français renforce son portefeuille de marques de luxe sur le segment de la joaillerie. Si cette acquisition n’affiche qu’une taille modeste – les ventes de Qeelin avoisinant les 30 millions d’euros par an – PPR consolide surtout sa présence sur le marché chinois, nouvel eldorado des chercheurs de luxe. François-Henri Pinault, le patron de PPR, s’est dit heureux que Qeelin rejoigne son groupe, pesant déjà plus de 12 milliards d’euros. Euphémisme. Lancée en 2004, la marque joaillière est la première, sur son segment, à avoir développé un réseau de boutiques à l’international. Elle en compte 14 dans les quartiers commerçants les plus prestigieux : sept en Chine, quatre à Hong-Kong, et trois en Europe. Qeelin présente notamment un fort potentiel de croissance. En commercialisant des bijoux, compris entre 2 000 et 30 000 euros et sous forme, par exemple, de pendentifs en diamant représentant des symboles asiatiques, la marque cherche à capter le goût des riches chinois pour l’ostentatoire. ʺNous avons de grandes ambitions pour la marque, et ce, tant en Chine qu’à l’international, confirme François-Henri Pinault, ajoutant que nous lui ferons bénéficier de l’expertise du groupe, afin d’accélérer son développement.ʺ

Le deuxième marché du luxe en 2015

A vrai dire, PPR n’est pas le seul à porter un intérêt prononcé pour les affaires de luxe en Chine. Ces attraits ne sont évidemment pas dus au hasard. En fait, la Chine s’impose également comme l’empire du luxe. Le refrain n’est pas exactement nouveau, mais plus que jamais, il semble que ce business se joue là-bas. Il faut dire qu’en dépit d’un ralentissement, la croissance y demeure solide. Le PDG de PPR reste serein. ʺSi les Etats-Unis avaient une croissance de 5% par an, on le fêterait. Et lorsque la Chine affiche 7%, on parle de désastre. Soyons sérieux! Son potentiel de développement à long terme ne m’inquiète nullement.ʺ a-t-il déclaré au Financial Times. D’ici à 2015, la Chine représentera, selon le cabinet de conseil McKinsey&Company, un tiers du marché mondial des produits de luxe, estimé à quelque 132 milliards d’euros. Elle s’imposera, dès lors, comme le deuxième marché mondial du luxe, derrière les Etats-Unis. D’ici à la fin de la décennie, selon l’Antwerp Word Diamond Centre (AWDC), les chinois, accompagnés des indiens, seront les premiers à se lancer dans la course aux gemmes et, notamment, aux diamants. Leur demande représentera 30% des 45 milliards d’euros du marché du diamant. ʺLes consommateurs chinois représentent, aujourd’hui, 27% de la consommation de luxe, qui pèse actuellement 110 milliards de dollars, explique McKinsey dans une étude publiée, courant décembre, sur le sujet. Désormais, les dépenses des consommateurs chinois dépassent celles de tout autre pays. Et cette tendance continuera, dans la mesure où l’enrichissement du pays et l’expansion de la classe moyenne la soutiendra.ʺ L’étude révèle, par ailleurs, qu’une part croissante de consommateurs de luxe chinois fait ses achats à l’étranger. Hong Kong et Macao demeurent leurs lieux préférés. Mais l’Europe gagne en popularité et le taux de change, favorable pour eux, participe à amplifier le phénomène. Les dépenses des acheteurs de luxe chinois à l’étranger ont augmenté de plus de 30% en 2012.

En dépit d’une croissance moins forte, les perspectives du marché du luxe chinois s’annoncent optimistes pour 2013. Si les incertitudes des contextes économique et politique demeurent, les voyants sont au vert. ʺPour les marques, le ralentissement de la croissance donne l’opportunité de repenser leur stratégie, en vue de définir une politique mondiale, visant les consommateurs chinois où qu’ils se trouventʺ, indique Joëlle de Montgolfier, directrice d’études du pôle européen de Bain & Company pour la grande consommation, la distribution et le luxe. ʺLes enjeux du marché chinois deviennent considérables. Il est impératif, pour les marques de luxe, d’adapter les offres et les expériences client aux attentes et spécificités des consommateurs chinois. Que ce soit en Chine, ou dans le reste du mondeʺ, assure-t-elle. Ce n’est pas François-Henri Pinault qui dira le contraire.

Par Romain Rivière

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