FRANCE HORLOGERIE : UN TEMPS D’AVANCE
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Avec sa nouvelle appellation, France Horlogerie – Industries du Temps et des Microtechniques entend imposer la filière horlogère française au cœur d’un secteur qui ne cesse d’évoluer face aux mutations du marché. Fort de son expertise et d’un tissu économique grandissant, ce syndicat doit continuer à faire face aux défis de demain. Rencontre avec Guillaume Butty, son président.

Par Caroline Coiffet

 

 

Rappelez-nous la mission de France Horlogerie ?

France Horlogerie est le seul syndicat professionnel représentatif de la fabrication horlogère en France. Créé en 1947 sous le nom de Chambre française de l’horlogerie, il regroupe les fabricants et marques de montres, les fabricants de composants pour montre (pièces constitutives du mouvement, habillage comme les aiguilles, cadrans, boîtes, couronnes) et les fabricants d’horlogerie de gros volumes (de la Comtoise aux horloges d’édifices, pointeuses et horodateurs).

Il s’est élargi aux activités microtechniques et de sous-traitance pour le luxe, ainsi qu’aux industries du temps comme la synchronisation horaire. Sur ce dernier point, il assume, depuis 2004, une mission de service public en contribuant à la maintenance des équipements qui permettent de diffuser le temps légal français depuis un émetteur, situé à Allouis au centre de la France, afin de synchroniser les horloges et base de temps d’opérateurs publics ou privés (transports, énergies, collectivités territoriales…).

En revanche, les fabricants français d’horlogerie relèvent de la convention collective de la métallurgie – dont l’expertise est unanimement reconnue -, ce qui a permis à France Horlogerie de s’impliquer sur des sujets plus commerciaux, et d’être actif dans certaines organisations internationales. A ce titre, notre délégué général assure l’animation d’EuroTempus, qui regroupe les organisations de l’Union européenne et de France Industries créatives, où se retrouvent les industries dédiées à l’équipement de la personne.

 

Quel soutien apportez-vous aux fabricants et marques françaises ?

France Horlogerie est à la fois «  mercenaire  » et «  missionnaire  ». Elle assure la défense ou la prise en compte des intérêts des entreprises horlogères sur des sujets de filière comme les réglementations environnementales, la normalisation ou les enjeux commerciaux. Elle engage certaines réflexions sur l’évolution de la profession et apporte régulièrement de nouveaux services à ses adhérents  : c’est ainsi qu’elle s’est très tôt positionnée sur les réseaux sociaux avec La Montre française, et qu’elle va porter cette année le projet de Fondation du Temps qui comportera deux volets : l’un scientifique et technique (l’usage du temps précis, fiable et sécurisé), l’autre sociétal (la prise en compte du temps dans les cycles de fabrication, les modes de vie, le travail).

 

« France Horlogerie est à la fois « mercenaire » et « missionnaire ». Elle assure la défense ou la prise en compte des intérêts des entreprises horlogères sur des sujets de filière comme les réglementations environnementales, la normalisation ou les enjeux commerciaux. »

 

Comment se porte justement le marché de l’horlogerie française ?

L’année 2019 a été une nouvelle fois une année de croissance, malgré un certain nombre d’aléas géopolitiques externes (événements à Hong Kong, incertitudes au Moyen-Orient, politique américaine en matière de commerce) ou internes (crise des gilets jaunes, grèves des transports).

 

Quelles sont les grandes caractéristiques de l’horlogerie Française ?

L’horlogerie française est essentiellement constituée de PME, ce qui offre un réel avantage de souplesse et d’adaptabilité. Ses atouts sont incontestables en matière de créativité ; le succès renouvelé de certaines de nos marques emblématiques et l’apparition de nombreuses nouvelles pousses, ces dernières années, en est la preuve. Mais l’horlogerie française est forte aussi de ses savoir-faire, par son réseau d’écoles, de laboratoires, de fabrication de composants et sa maîtrise de l’utilisation du temps pour les applications industrielles. La mise en cluster de ces compétences, alliée à la reconnaissance mondiale de la création à la française, marque les fondations d’une ambition renouvelée qui doit être soutenue avec détermination par notre filière et par nos territoires horlogers.

 

Quels sont ses atouts pour rester compétitive ?

Au regard des éléments apportés ci-dessus, nous n’en manquons pas.  Cependant, Il va falloir que nous épaulions nos entrepreneurs plus avant dans leur prise de risque. Nul n’est besoin de rappeler que France Horlogerie est l’organisation faitière de nos plus belles réalisations françaises en matière d’action collective : nous sommes à l’origine de Francéclat et du centre technique (ex-Cetehor) qui a fusionné depuis et de la Société de développement de l’horlogerie (SDH), que nous proposons d’étendre aux autres activités  : bijouterie-joaillerie, arts de la table.

 

Accueil de la délégation chinoise au sein de l’atelier Utinam à Besançon

 

Il n’en demeure pas moins que l’action de la filière reste largement perfectible et qu’il va falloir de manière ordonnée mais déterminée, travailler à une plus grande cohésion d’action entre l’inspiration créatrice de nos organisations professionnelles et la puissance de feu de Francéclat. L’État a très récemment démontré sa capacité à entendre nos PME sur le besoin du collectif avec le récent déplafonnement de la taxe affectée. Il nous incombe, désormais, de mettre en œuvre, sans délai, les actions stratégiques dédiées à plus de création, de fabrication et de distribution en France. Des missions actées par le contrat de performance signé, en ce début 2020, avec la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances.

 

Comment êtes-vous présents à l’international ?

France Horlogerie est membre du comité des exposants de Baselworld et a très tôt accompagnée les entreprises à l’export. Nous avons poussé, entre autres, le projet d’implantation en Chine en organisant une grande exposition pour le public à Hong Kong, et entretenons des relations régulières avec les organisations professionnelles des principaux pays producteurs. Nous participation également à des forums pour faire entendre la voix de la France qui est le 4e pays exportateur horloger au monde.

 

Comment le syndicat s’organise face aux aléas du marché ?

Malgré les crises, il faut continuer à investir collectivement. C’est pourquoi, France Horlogerie est sur un projet de plate-forme qui, de la fabrication à la réparation en passant par la distribution, a pour objectif de renforcer la connaissance et la promotion des marques françaises et des différents stades de la filière. Elle a aussi proposé, face à la crise des salons professionnels, de mettre en place une offre reformulée, qui doit non seulement toucher les distributeurs mais aussi le consommateur dont il faut admettre sereinement, qu’il a pris le pouvoir via les réseaux sociaux. C’est donc toute une réflexion de coordination qui se met en place entre les différents acteurs, sur des sujets comme la digitalisation du commerce, la conception de nos produits ou encore la relation avec les objets connectés.

 

Philippe Bérard, président de SMB et le préfet du Doubs sur le salon Baselworld

 

« L’horlogerie française a des atouts incontestables en matière de créativité ; le succès renouvelé de certaines de nos marques emblématiques et l’apparition de nombreuses nouvelles pousses, ces dernières années, en est la preuve. »

 

Le métier attire t-il toujours des vocations? Quelles sont les actions mises en place ?

Ce que l’on sait des établissements (CAP/DMA), c’est qu’il existe un réel intérêt pour l’horlogerie, y compris à un âge plus avancé. Nous sommes en discussion avec la ville de Paris qui souhaite mettre en place une courte formation, comme elle le fait dans d’autres secteurs liés aux métiers d’art, afin d’initier le public à l’horlogerie, et pourquoi pas, susciter des vocations plus tardives. Mais on ne saurait réduire l’intérêt pour l’horlogerie au seul métier d’horloger complet que l’on qualifie parfois « de loupe à l’œil ». Si l’on prend, par exemple, l’horlogerie industrielle et d’autres utilisateurs du temps (objets connectés), il va y avoir un intérêt grandissant pour une initiation d’un certain nombre d’acteurs à l’intégration du temps synchronisé. Enfin, le fait qu’il y ait des gens, issus du marketing ou du design, prêts à créer leur propre marque de montre atteste de l’attractivité de l’horlogerie. Cela se retrouve aussi avec de nouveaux créateurs en pendulerie, qui ont relooké la fameuse Comtoise.

 

Diriez-vous que la transmission des savoir-faire est aujourd’hui pérennisée?

L’évolution des méthodes de production et des produits pose incontestablement une question sur ce qui doit être transmis. Dans le polissage de boîtes, par exemple, on a besoin à la fois, du robot et du coup de patte de l’homme que le robot pourra ainsi reproduire. Il y a cependant un point sur lequel nous sommes tombés d’accord avec les écoles d’horlogerie, c’est la nécessité de renforcer les heures de pratique.

 

Quels sont vos projets à court et moyen terme ?

France Horlogerie s’est fixée 3 grands axes de travail :

  • • le redéploiement d’un outil industriel en France avec la valorisation du made in France. Nous avons d’ailleurs lancé un club des compétences horlogères qui se réunira régulièrement pour échanger sur les nouveaux procédés et équipements de fabrication avec leur transposition dans nos métiers en terme de gains de productivité et d’ouverture à la créativité. Les objets connectés devraient être le sujet de la rencontre du mois de juin.
  • • la promotion de l’horlogerie française sur les réseaux sociaux et à l’exportation.
  • • le projet de Fondation du temps pour remettre le temps au cœur de nos vies.

 

Réunion du club des compétences horlogères

 

Présentation de FRANCE HORLOGERIE à découvrir ci-après

 

 

Pour suivre toutes les informations,

actions et développements de FRANCE HORLOGERIE

https://www.francehorlogerie.com/

 

 

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