BOUVERET – 100 ANS ET TOUTES SES AMBITIONS
Si le nom de ROCHET s’échange entre férus de jolies montres, ce n’est pas tant parce que le groupe centenaire s’est forgé un siècle de réputation, mais bien parce que c’est la même passion de la bijouterie et de l’horlogerie qui anime les générations qui se sont succédées à sa tête depuis que la société […]

Si le nom de ROCHET s’échange entre férus de jolies montres, ce n’est pas tant parce que le groupe centenaire s’est forgé un siècle de réputation, mais bien parce que c’est la même passion de la bijouterie et de l’horlogerie qui anime les générations qui se sont succédées à sa tête depuis que la société est née en 1908 sous le nom Zuccolo-Rochet.

Par Lily Templeton – A retrouver au sein du magazine LE BIJOUTIER INTERNATIONAL en cliquant ICI

Au fil des décennies, le groupe s’est construit une expertise hors-paire autour du bracelet en métal, couronné d’un prix dans les premières années d’existence de l’entreprise, puis du bracelet de remplacement qu’il soit en cuir ou plus tard dans tout un éventail de matières aussi innovantes que pointues comme la céramique, le carbone et l’acier, fers de lance de la gamme de bijouterie pour homme lancée en 2001.

Devenu un acteur incontournable du segment milieu-de-gamme, c’est désormais vers le haut que se tourne le regard de ROCHET Group avec le rachat de la manufacture Gérard Bouveret, spécialiste du bracelet-montre de luxe. Pour Le Bijoutier International, Charles BRUNET, président du groupe et descendant du fondateur Joseph Rochet, et Fabien MATCHOULIAN, son directeur commercial et marketing, parlent du dynamisme d’un groupe avec la passion horlogère en héritage, hier comme demain.

Le groupe existe depuis plus de cent ans maintenant, avec sa fondation en 1908. Quelle influence est-ce que cela a sur votre manière d’envisager votre métier ?

Charles Brunet / CB : Au-delà d’être une société centenaire, Rochet Group est une entreprise familiale et une histoire de famille qui se transmet de générations en générations. Je suis moi-même la quatrième génération des descendants directs de Joseph Rochet, et bien que nos succès soient nombreux, notre véritable héritage est la passion inchangée depuis les débuts, et le savoir-faire que nous faisons vivre et évoluer avec son temps.

A quelle évolution ce rachat fait-il écho ?

CB : Nous avons évolué pendant un siècle dans le monde de l’horlogerie-bijouterie, en suivant ses évolutions. Un seul produit est présent depuis l’origine : le bracelet de montre. C’est notre expertise absolue, et 80% de notre chiffre d’affaires se situe sur ce segment, notamment dans le bracelet de remplacement moyenne gamme.
Avec le rachat de
BOUVERET, manufacture française de bracelet-montre haut de gamme située dans le Doubs, à côté de Besançon, nous renouons avec les lettres de noblesse de notre métier et accélérons notre développement.

Fabien Matchoulian / FM : Avec 2.700 points de vente en France, l’essentiel de nos clients sont des multi-points de vente et des indépendants. Aujourd’hui, nous avons environ 75% de parts de marché dans le rééquipement, donc ce rachat nous ouvre de nouvelles perspectives, notamment avec les bijoutiers haut de gamme et les fabricants de montre. Avoir un siège à Annecy et désormais une usine à Besançon va faciliter les échanges avec la Suisse, le pays de l’horlogerie.

Outre un marché à explorer, pourquoi le segment du haut de gamme vous intéresse-il ?

CB : Ayant toujours respecté les codes du haut de gamme, en terme de matières premières, de savoir-faire et de traçabilité, il nous semblait naturel de continuer sur cette voie. Il ne faut pas oublier que le milieu de gamme est un produit qualitatif, fabriqué selon des cahiers des charges exigeants et avec des prix compétitifs, en tout cas du point de vue de ROCHET et des valeurs que nous défendons. Une différence avec certains de nos concurrents : les peaux, toutes issues de tanneries européennes, italiennes mais surtout françaises, et non pas des peaux venant d’autres marchés où les contrôles qualité sont moindres. La différence principale avec le haut de gamme, de notre point de vue, se situe sur la façon.
Pour des raisons de compétitivité en moyenne gamme, nous faisons parfois le choix de travailler avec des ateliers de confiance hors de nos frontières européennes, toujours avec un respect strict des normes. Par contraste, le haut de gamme est souvent fabriqué en Europe, et notamment en France, ce qui légitime une certaine qualité en raison des savoir-faire mis en jeu et des exigences à tous les niveaux de la chaîne de production.

En quoi le haut-de-gamme était-il plus intéressant pour votre développement ?

FM : Même si nous continuons à progresser chaque année, nous plafonnons un peu sur notre marché historique du moyenne gamme. Compte tenu de notre niveau d’exigence de qualité, le marché de l’entrée de gamme, vendu en grande surface ou en civette, ne nous intéresse pas. Dans le même temps, nous constatons que le bracelet-montre n’est plus uniquement un simple composant SAV mais qu’il devient de plus en plus un accessoire de mode. Cette tendance à la personnalisation, touche le milieu de gamme et bien sûr le marché du luxe. Tout le monde veut souvent le même modèle de montre mais chacun souhaite que la sienne soit unique… Cette équation paradoxale est résolue par le bracelet qui reste le meilleur moyen de customisation.

Pourquoi avoir fait porter votre choix sur Bouveret, la manufacture Gérard Bouveret Création ?

CB : Il me tenait à coeur de redevenir un producteur français, et nous étions en recherche depuis 3 ans d’une structure française. Lorsque l’idée d’un rapprochement avec BOUVERET s’est présentée, elle m’a semblé particulièrement à propos, pour des raisons business mais également en raison de son histoire. Il faut savoir que Gérard Bouveret était un compagnon du cuir qui a commencé sa carrière dans la première unité de production [du groupe Rochet] avant d’ouvrir sa propre manufacture par la suite.

Que vous apporte l’ajout d’une manufacture française haut-de-gamme à votre éventail de compétences ?

CB : Cela nous ouvre un secteur qui n’était pas à notre portée jusqu’à présent, à savoir les manufactures de montres et les bijouteries haut-de-gamme qui les distribuent. Bien qu’étant les meilleurs dans le milieu de gamme, nous n’étions logiquement pas présents sur ce segment. Désormais, au lieu de développer un seul axe, nous allons pouvoir oeuvrer sur les trois axes que sont [les manufactures, le remplacement haut-de-gamme et bien entendu, le moyenne-gamme].
FM : Pour y accéder, il nous manquait le savoir-faire du haut de gamme et du monde artisanal. Avec plus d’1 million de pièces produites par an, chez ROCHET, nous avons une approche industrielle, avec des critères de qualité stricts, qui nous permettent de réaliser des bracelets-montre en série destinés notamment à des chaînes telles que Louis Pion, qui ont des attentes qualitatives mais aussi quantitatives.

Avec Bouveret, nous entrons dans un monde artisanal où chaque bracelet est presque unique, de sa conception à sa fabrication. Il y a plus de 60 étapes pour en fabriquer un. Bouveret, c’est un gage de qualité, chaque bracelet est fabriqué à l’unité, soit pour des marques horlogères, soit pour des revendeurs luxe. Nous avions le choix d’essayer de développer ces compétences par nous-même : former des artisans, développer un réseau en repartant de zéro ou nous rapprocher d’une manufacture, ce que nous avons fait. Ceci nous permet de bénéficier également des 30 années d’expérience de Bouveret dans le luxe et de ce souci de la qualité à chaque étape, que nous partagions déjà sur notre marché mais appliqué au domaine du haut-de-gamme.

Qu’allez-vous changer au niveau des marques ?

CB : D’un point de vue d’entreprise, le groupe va absorber la société de manufacture, tandis que d’un point de vue marque, la manufacture va évoluer de Gérard Bouveret Création pour devenir Rochet-Bouveret Manufacture. Ensuite, comme toute structure de petite taille, la manufacture souffrait d’un défaut au niveau de son développement commercial. En s’appuyant sur les ressources du groupe, déjà bien structurées autour de 7 représentants exclusifs, 1 directeur commercial, 2 commerciaux exports et filières de distributions à l’international, nous allons rapidement pouvoir toucher plusieurs milliers de points de vente. Forts de notre expérience dans le milieu de gamme, nous avons créé une nouvelle offre luxe. La marque ROCHET restera présente sur ce segment et continuera à proposer les produits qui ont fait sa renommée, tandis que l’offre haut de gamme va être lancée sous la marque BOUVERET France, que nous avons déposée à nouveau. Cette gamme sera proposée aux bijoutiers français et internationaux, et comprendra tout l’éventail des possibilités, y compris sur des peaux dites exotiques.
Ensuite, nous formerons des équipes commerciales dédiées pour aller toucher les manufactures horlogères.

Parlez-nous un peu du développement que vous envisagez pour la marque Bouveret. Quelles sont les premières étapes ?

FM : Ce qui faisait défaut à Bouveret aujourd’hui, c’était un aspect marketing. C’est une société assez ancienne, artisanale et dont la qualité est reconnue de longue date par les revendeurs de montres de luxe. Mais Bouveret n’avait pas du tout développé leur offre avec des outils de travail commercial, des catalogues, des nuanciers et des propositions structurées. Prenons l’exemple des gammes de produits. La manufacture produit à l’heure actuelle entre 30 000 et 40 000 bracelets sur-mesure, dont une grande quantité de modèles récurrents. Nous nous sommes aperçus qu’en ayant les meilleures ventes en collection, nous pouvions proposer des délais et des prix optimisés. Nous avons donc rebâti créés une collection qui permet de livrer nos clients plus rapidement mais également démontrer, si c’est encore nécessaire, le savoir-faire. Cela nous amène naturellement à simplifier la gamme de prix, afin de clarifier l’offre et les possibilités, désormais clairement structurées avec des gabarits pour les coutures, les formes, et des nuanciers pratiques présentant les peausseries et les coloris (plus de 300 disponibles).

CB : C’est un gros savoir-faire, une expertise et une histoire avec le monde du haut de gamme depuis plus de 30 ans, mais c’était une société plutôt endormie. En adjoignant aux qualités de BOUVERET les forces de ROCHET, ça devrait déclencher une belle expansion.

Qu’aimeriez-vous transmettre à la cinquième génération du groupe Rochet ?

CB : La prochaine génération, c’est peut-être s’aventurer un peu loin dans l’avenir pour l’instant. Néanmoins, ce qui a toujours fait la force du groupe depuis sa création, c’est d’être fabricant. Nous avons toujours maîtrisé la production et eu une exigence de qualité qui dépasse l’image reçue du moyennegamme. C’est le sens de cette évolution vers le haut de gamme, qui signe ce qui s’est transmis de génération en génération : l’amour du beau produit. L’évolution future de ROCHET, c’est de conforter dans cette qualité en se donnant les moyens de chercher le haut de gamme, là où jusqu’à présent nous avions la volonté, l’esprit mais pas l’outil. En rachetant BOUVERET, on jumelle la volonté et la manière de travailler de Rochet pour donner une impulsion nouvelle à l’ensemble de nos savoir-faire. De quoi aller jusqu’à la génération suivante, au moins !

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