AYMERIC VERNHOL, co-dirigeant de la maison horlogère française : PEQUIGNET
— Le principal objectif de PEQUIGNET est de développer l’export — Calibre royal fiabiliser, calibre Initial en marque blanche, présence sur les salons internationaux… Aymeric Vernhol, co-dirigeant de Pequignet détaille les objectifs à venir. Le Bijoutier International / LBI : En ce début d’année 2022, pouvez-vous nous donner une photographie de Pequignet ?Aymeric Vernhol : […]

— Le principal objectif de PEQUIGNET est de développer l’export —

Calibre royal fiabiliser, calibre Initial en marque blanche, présence sur les salons internationaux… Aymeric Vernhol, co-dirigeant de Pequignet détaille les objectifs à venir.

Le Bijoutier International / LBI : En ce début d’année 2022, pouvez-vous nous donner une photographie de Pequignet ?
Aymeric Vernhol : Pequignet dispose de la même équipe dirigeante, mise en place il y a cinq ans. La société se compose de 20 collaborateurs. Malgré l’arrivée du fonds d’investissement en décembre de l’année dernière, l’organisation demeure identique. Sa présence à nos côtés offre l’opportunité de développer notre support en marketing. Elle permet aussi un apport en analytique. Notre compte courant en bénéficie aussi. Pequignet va pouvoir procéder à l’acquisition de nouvelles machines. Nous avons par ailleurs embauché une personne en R&D, car nous sous-traitons aussi toutes formes de projet horloger en France comme en Suisse. Cette équipe se compose aujourd’hui de 4 ingénieurs d’une grande polyvalence. Le positionnement de la marque va par ailleurs être retravaillé et modifié en termes de communication et de marketing.

PEQUIGNET – CALIBRE ROYAL

LBI : Après la crise de la COVID, quel est le bilan de santé de Péquignet ?
Aymeric Vernhol : La Covid et les problèmes internationaux ont eu pour principales conséquences des difficultés d’approvisionnement. Quoi qu’il en soit, en 2021, notre chiffre d’affaires est en forte croissance, +50 % par rapport à 2019, supérieur à 3 millions d’euros. 30 % de chiffre sont réalisés à l’export. La France est notre premier marché, le Japon suit. Nous enregistrons aussi une belle présence en Europe. Toutefois, nous devons faire face à un constat d’érosion au niveau de la vente au détail dans nos 130 points de vente en France. Paris est devenu compliqué après les gilets jaunes puis l’absence de touristes à la suite de la pandémie. Les boutiques en province ont connu dans un même temps une belle croissance à deux chiffres. Les clients sont plus informés, plus sensibles à l’origine du produit. Ils adoptent un comportement plus responsable. Durant le premier mois après le premier confinement, nous avons vendu plus de montres Manufacture que de Créateur.

PEQUIGNET – Attitude OR édition

L’objectif de Pequignet est de développer l’export. L’organisation cette année de grands salons (Dubai Watch Week, SIAR Mexico, les salons genevois…) durant lesquels nous allons être présents va nous aider à atteindre cet objectif. Nous y rencontrons la presse et surtout les détaillants. C’est une aubaine pour Pequignet. Nous n’avons plus Baselworld depuis 4 ans. Les pays d’Asie sont privilégiés comme Taiwan, Corée, Singapour et également le Vietnam. Nous souhaitons aussi nous développer sur les marchés sud-africains et états-uniens. Nous n’irons pas par contre en Chine, car intégrer ce marché demande trop d’investissements.

LBI : Avec quels produits allez-vous atteindre vos objectifs ?
Aymeric Vernhol : L’offre Pequignet s’articule autour de deux lignes, Manufacture et Horloger Créateur. Notre calibre Manufacture est complètement fiabilisé. Il l’est depuis 2015. Il a fallu 4 ans pour y parvenir. Nous avons en outre récemment développé aussi un calibre manuel qui dispose de 100 heures de réserve de marche. La montre Royal Manuelle est proposée à 2 850 €. Le calibre français peut séduire à l’export. Ses finitions spécifiques et la technique du Calibre Royal séduisent. Nous allons de plus ressortir des modèles historiques de montres femme qui intègre l’ADN Pequignet et les mettre au goût du jour. Nous avons déjà commencé avec Moorea qui possède un boîtier plus fin, plus arrondi. Nous disposons d’un riche patrimoine à forte identité. Nos propositions ne seront pas du plagiat. Parmi nos oints forts, outre notre ADN, le fait que nous soyons une marque indépendante est apprécié. Les détaillants veulent être chez eux et non chez une marque qui impose ses règles et ses quotas. Nous sommes à leur côté en étant très réactifs, en apportant de la souplesse et de l’humilité.

LBI : Où en est votre projet de calibre 100 % français ?
Aymeric Vernhol : Le développement du calibre Initial a nécessité deux ans et demi pour le finaliser à partir d’une feuille blanche. Ce mouvement est plus simple que le Calibre Royal, il gère l’affichage des heures, minutes, secondes et de la date. Son mécanisme dispose de deux brevets. L’un concerne l’affichage de la date instantanée, l’autre l’engrenage qui permet un remontage dans les deux sens par la couronne. Il délivre une réserve de marche performante de 65 heures.

LBI : Le “made in France“ a le vent en poupe. Estce une opportunité pour Pequignet ?
Aymeric Vernhol : Le calibre Initial va être distribué en marque blanche à destination de sociétés françaises. Ce mouvement est une alternative. Il n’a pas vocation à devenir interchangeable. Son prix de vente est de 400 euros. Deux marques ont déjà été séduites. Ralf Tech va ainsi proposer une série spéciale avec ce calibre. Cette année, nous avons une capacité de production avoisinant les 2.800 calibres. 80 % des composants sont français, 20 % suisses. En France, il n’y a plus la possibilité de s’approvisionner en organe réglant. C’est une ambition. Toutefois, produire un organe réglant demande un gros investissement d’environ 50 millions d’euros. Il faut derrière un carnet de commandes bien rempli et les volumes nécessaires pour l’amortir. Actuellement, nous avons des échanges avec d’autres acteurs, mais rien de concret. Notre stratégie est d’abord de favoriser l’éducation du consommateur. Nos montres sont estampillées « Fabriqué en France » et non “Made in France“ qui est une appellation douanière. Nous sommes des artisans du luxe.

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AYMERIC VERNHOL

“PEQUIGNET’S OBJECTIVE IS TO GROW EXPORT”

A fully reliable Calibre Royal, a white-label Calibre Initial, international fairs… Aymeric Vernhol, co-director of Pequignet, talks about the brand and its objectives.

LBI: We’re in the early months of 2022. Can you give us a snapshot of Pequignet ?
Aymeric Vernhol : Management is by the same team that has been in place for five years now. The company employs 20 staff. There have been no changes to setup since the investment fund came onboard in December last year. Having them alongside means we can develop our marketing resources. They also bring analytical competencies. Our bank account benefits, too. We’ll be able to invest in new machines and we’ve hired someone in R&D, as we also work as contractors for all types of watchmaking project in France as well as Switzerland. We now have four highly versatile R&D engineers. We also plan to review the brand’s positioning in communication and marketing.

LBI: Where did the Covid pandemic leave Pequignet ?
Aymeric Vernhol : The main impact of Covid and the ensuing difficulties was on supply. Having said that, we posted a 50% increase in revenue in 2021 versus 2019, at more than €3 million. We make 30% of revenue at export. France is our main market, followed by Japan. We’re well established in Europe, too. We have seen some retail sales erosion at our 130 points of sale in France. Paris was hit by the “yellow vest” protest movement and the drop in tourism spending due to Covid hasn’t helped. On the other hand, stores in other French cities have recorded double-digit growth. Customers are more informed, more concerned about where products are made. They’re more responsible consumers. In the month after the first lockdown, we sold more Manufacture watches than Créateur watches. Pequignet’s objective is to grow our export business, and for that reason we’re delighted to see the big watch events — Dubai Watch Week, SIAR Mexico, the Geneva fairs — going ahead this year. These are places where we can meet the media and, importantly, retailers. Remember that there hasn’t been a Baselworld in four years. We’re focusing on countries in Asia such as Taiwan, Korea, Singapore and Vietnam. We also want to expand in South Africa and the United States. We don’t have plans to move into China, given the high level of investment this would involve.

LBI : Which products will help you reach your objectives?
Aymeric Vernhol : Pequignet watches are shared between two product lines: Manufacture and Horloger Créateur. Our in-house Calibre Royal is fully reliable and has been since 2015. It took us four years to get there. We’ve developed a manualwinding version with 100 hours of power reserve that we’ve fitted in the Royale Manuelle, which retails at €2,850. The specific finishing, movement specs and the fact the movement is French-made appeal to export markets. We’ll be reissuing some of our iconic women’s watches in contemporary iterations, starting with the Moorea, which now has a slimmer, more rounded case. We don’t need to copy others; Pequignet has a heritage and an identity of its own. This DNA is one of our strengths. Another is that we are an independent brand. Retailers don’t want to have to comply with rules and quotas imposed on them by a brand. We’re by our retailers’ side, responding quickly to their requirements with flexibility and humility.

LBI : What about your 100% French movement ?
Aymeric Vernhol : It took two and a half years to finalise development of our Calibre Initial, working from the ground up. Compared with the Calibre Royal, this is a simpler, three-hands and date movement for which we’ve filed two patents. One is for the instantaneous date change and the other is for the gears that enable the crown to wind forwards and backwards. It delivers a generous 65 hours of power reserve.

LBI : Will Pequignet benefit from the increased demand for French-made products?
Aymeric Vernhol : The Calibre Initial will be proposed as a white label to French companies for €400. It’s not interchangeable with other movements. It’s a genuine alternative. Two brands are already interested. One, Ralf Tech, plans to fit this movement in a special series. Production capacity for 2022 is in the region of 2,800 units. Eighty per cent of the components are French, the remaining 20% are Swiss. No-one manufactures balance and spring assemblies in France. It would take in the region of €50 million to relocate production of regulating organs in France and sufficient orders to amortise an investment of that size. It’s something we’re discussing with other companies but nothing concrete as yet. The first part of our strategy is to educate the consumer. How many people know that “ Made in France” is a customs labelling ? The inscription on a Pequignet watch reads “Fabriqué en France”. We are artisans of luxury.

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