La perle dans tous ses états…
TENDANCES 2023 Liée à des cycles plutôt qu’aux tendances, la perle suscite toujours l’engouement auprès d’une clientèle en quête d’un bijou « bonne mine ». Avec ses multiples couleurs, la perle se décline à l’infini, si bien qu’elle se réinvente sans perdre de son lustre. UN MARCHÉ CONSTANT MAIS RÉDUIT On la pensait un temps […]

TENDANCES 2023

Liée à des cycles plutôt qu’aux tendances, la perle suscite toujours l’engouement auprès d’une clientèle en quête d’un bijou « bonne mine ». Avec ses multiples couleurs, la perle se décline à l’infini, si bien qu’elle se réinvente sans perdre de son lustre.

IZA-B — Collier ARCHIPEL

UN MARCHÉ CONSTANT MAIS RÉDUIT

On la pensait un temps absente du marché français mais en fait, il n’en est rien. « Le marché de la perle est constant et nourri par la demande qui ne faiblit pas » explique Daniel Morillon, dirigeant d’AQUAGEM. Cet importateur en perles naturelles et de culture travaille avec un stock de perles sélectionnées pour ses clients, les grandes maisons de joaillerie qui continuent de l’utiliser aux côtés de pierres précieuses. Mais qu’en est-il des acteurs qui, eux, fabriquent ?

Nuancier de perles de culture

Comme l’explique Georges Hamoui, généraliste de la perle depuis 1980 basé à Nantes : « Il faut savoir que la perle ne correspond à aucun phénomène de mode. Il faut plusieurs années pour la récolter, ce qui fait que sa mise en lumière dans les collections est plus liée à des cycles, et surtout des cycles longs – entre 4 et 5 ans. La production reste donc fragile, d’autant plus avec la pandémie qui n’a pas permis aux puériculteurs de faire les récoltes prévues. » Les principaux acteurs du marché français s’attendent donc à des difficultés d’approvisionnement mais surtout à une flambée des prix selon Gaëtan Pinot, PDG du groupe Schmittgall, leader français de la perle de culture.

La perle conche est une perle naturelle qui offre des teintes corail-rose pâle. On la trouve principalement dans les eaux chaudes tropicales car elle se forme dans la coquille du lambi.

LA PERLE, UN BIJOU TENDANCE POUR LES JEUNES

Positionnée sur l’entrée de gamme, Elsa Lee vend des bijoux entre 39 et 150 euros. Avec ses designs épurés et minimalistes, la marque, qui appartient à Elsa Groupe, a su séduire une toute nouvelle clientèle dont l’âge moyen ne dépasse pas la vingtaine. Loin de considérer le collier de perles comme un bijou un peu cérémonial, cette génération se l’est approprié en cassant les codes. « Avec le retour du bohème chic et de nouveaux portés, notamment sur la boucle d’oreille qui se la joue asymétrique ou ear jacket, c’est-à-dire interchangeable, la perle, qui véhicule, somme toute une connotation noble, prend un sacré coup de fraîcheur » explique Mélissa Chiu, responsable de la communication. Même constat, chez Schmittgall où on remarque un enthousiasme pour la perle blanche, généralement d’eau douce entre 6 et 7 mm, et portée en rang très court ou juste dans le creux du cou par de très jeunes filles.

Boucles d’oreilles en argent rhodié et oxydes. Perles de culture d’eau douce. Hamoui Perles.
Bagues en argent rhodié et oxydes. Perles de Tahiti et d’eau douce. Hamoui Perles.

LA PERLE BLANCHE
FAIT SON GRAND RETOUR

Un temps délaissé au profit de la perle de Tahiti, la perle blanche revient dans les collections. Moins volumineuse, pas plus de 8 mm, elle s’accommode de petits bijoux moins ostentatoires au design allégé mais néanmoins très contemporain. La perle blanche reste souvent une entrée classique dans cet univers, mais pas que. « Même si cela reste marginal, je vois quelques hommes arborés des colliers de perles blanches, c’est assez inédit » confie Gaëtan Pinot qui remarque également un retour de la perle Akoya. « Mes clients ont toujours une appétence pour les Akoya. Celles qui sont blanches, voire qui tendent vers le rose plaisent bien sur le marché français alors que la crème est plutôt à destination du marché allemand » indique ainsi Daniel Morillon.

Collier et bague en or jaune et perle Akoya du Japon. Schmittgall Paris.
Bague Lorelei en argent et oxydes de zirconium. Elsa Lee Paris.

TAHITI, TOUJOURS UN GRAND CLASSIQUE

La perle de Tahiti, soutenue par un marché de forte diffusion, reste une valeur sûre portée par les femmes et les hommes. Avec ses différentes nuances : peackock, bleu, vert sapin, vert tilleul, aubergine, gris et noir, elle offre un large spectre pour la création. Lorsque Elsa Groupe a repris en 2016 la marque IZA-B, créée en 2010, les bijoux proposés étaient intéressants mais très volumineux avec un grand nombre de collections dont le design ne collait pas vraiment à la demande. « Nous avons choisi de rationaliser l’offre autour de cinq collections phares. Elles renvoient chacune à un aspect de la nature polynésienne. Il y a Corail avec des lignes sinueuses rappelant des branchages, Lagune et ses courbes larges, Canopée avec des lianes stylisées, Flore aux motifs évoquant des feuillages et Ondine avec des lignes rondes renvoyant aux ondes. À côté, Iza-B a développé deux autres collections qui se démarquent par leurs formes géométriques et leurs lignes épurées : il s’agit d’Archipel au design très géométrique et Epure à l’esthétisme minimaliste et élégant. Toutes ces collections se complètent bien avec le même souci de valoriser au mieux la perle de Tahiti » explique Melissa Chiu.

Collier La vie en rose Ondine. Argent rhodié, oxydes de zirconium et perles roses nacrées. Elsa Lee Paris

UN ÉVENTAIL DE COULEURS
MAIS PAS TOUJOURS NATUREL

Si la perle se décline en une multitude de couleurs, le marché français reste très traditionnel. « Je suis parfois surpris de voir des clients qui découvrent des couleurs qu’ils n’ont jamais vues auparavant. C’est pourquoi, nous essayons de proposer un large choix » confie Georges Hamoui. La perle blanche et la perle de Tahiti restent cependant les perles les plus vendues sur le marché français du fait de la couleur certes mais aussi de la taille des perles. « En France, on n’aime pas les grosses perles donc on aura très peu de demandes sur les perles des mers du Sud avec leurs couleurs Gold et or blanc si caractéristiques » indique Gaëtan Pinot.
Ces dix dernières années, pourtant, la palette de couleurs s’est encore enrichie grâce à la montée en puissance des fermes perlières chinoises. Pas toujours bien vues des puristes, qui critiquent leur culture intensive et déplorent qu’elles proviennent de moules plutôt que d’huîtres, ces perles offrent néanmoins des teintes inédites.

Pendentif en or, diamants et perle de Tahiti. Hamoui Perles.

Par Caroline COIFFET – Le BIjoutier International Magazine n° 872

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