L’ENTRETIEN : Christophe GAUTIER / VERNET DRAY
VERNET DRAY CAPITALISE SUR SON ANCRAGE TERRITORIAL Créé et implanté à Lyon, VERNET DRAY perpétue depuis plus d’un siècle son savoir-faire de joaillier. Spécialisé dans la fabrication du bijou à la haute joaillerie, le groupe poursuit son ascension auprès des détaillants et maisons de luxe. Rencontre avec Christophe Gautier, Directeur Associé du groupe Vernet Dray […]
vernet dray

VERNET DRAY CAPITALISE SUR SON ANCRAGE TERRITORIAL

Créé et implanté à Lyon, VERNET DRAY perpétue depuis plus d’un siècle son savoir-faire de joaillier. Spécialisé dans la fabrication du bijou à la haute joaillerie, le groupe poursuit son ascension auprès des détaillants et maisons de luxe. Rencontre avec Christophe Gautier, Directeur Associé du groupe Vernet Dray – Solyfonte.

Christophe GAUTIER – Directeur associé du groupe VERNET-DRAY SOLYFONTE

Le Bijoutier International : Pouvez-vous nous présenter brièvement votre parcours ?
Christophe Gautier :
C’est Monsieur Alain Roure, qui m’a guidé pour passer un CAP que j’ai suivi à l’école de joaillerie de Lyon, à la SEPR. J’ai ensuite débuté ma carrière dans différents ateliers où je me suis aperçu que ce n’était pas forcément l’environnement de travail qui me correspondait. J’ai tenté alors une expérience dans le retail où j’ai découvert le métier d’agent commercial dont le travail correspondait plus à mon tempérament. J’ai ainsi candidaté auprès de la Compagnie des Métaux Précieux, absorbée depuis par Cookson Clal. Puis, j’ai intégré le groupe LVMH où je suis devenu directeur commercial des montres Dior. J’ai ensuite rejoint Vernet Dray, il y a neuf ans, et suis devenu associé il y a quatre ans. Je m’occupe aujourd’hui du développement et des relations commerciales pour Vernet Dray et Solyfonte.

LBI : Quelle est l’histoire, plus que centenaire, de Vernet Dray ?
Christophe Gautier :
Effectivement, l’histoire de Vernet est plus que centenaire. L’entreprise aura 120 ans en 2027… Nous pouvons nous targuer d’avoir une magnifique expertise en bijouterie et haute joaillerie. L’entreprise a débuté en tant que chaîniste à la main et a industrialisé, au fil des ans, ses composants exclusivement en métaux précieux. Nous pouvons ainsi concevoir une chaîne faite à la main en 2 ou 3 ors ainsi qu’en platine. Nous intervenons sur le bijou féminin et masculin, mais aussi sur des objets de maroquinerie et la lunetterie. Il y a trente ans, la famille Dray s’est associée à Vernet. Joaillier et outilleur dans la production d’estampage, Dray souhaitait conjuguer ses savoir-faire à ceux de Vernet. L’entreprise est reconnue depuis pour sa très large gamme de colliers et bracelets, ainsi que pour sa collection Made in France de bracelets identité.

LBI : Quel est son cœur de métier ? Et qui sont ses clients ?
Christophe Gautier :
Au-delà de ses collections, qui ont fait sa renommée, l’entreprise développe également des bijoux tout or ou empierrés avec des pierres précieuses et pierres fines fournies par des lapidaires Lyonnais ou Parisiens. Enfin, elle développe des collections en « no name » à destination des détaillants bijoutiers. Ces collections constituent un fonds de gamme présentée sur catalogue. 300 détaillants, principalement situés dans les grandes villes, sont ainsi approvisionnés, et conseillés par une équipe d’agents commerciaux multicartes qui sillonne le territoire et les Dom Tom.

LBI : Votre ancrage à Lyon, capitale de la joaillerie, est-il un atout aujourd’hui au même titre que le Made in France ?
Christophe Gautier :
Complètement ! Je revendique même le Made in Lyon et le Made in Montbrison pour notre entité Solyfonte. Même s’ils apprécient les marques, nos détaillants sont très sensibles à nos créations. Ils apprécient également notre expertise et notre réactivité.

LBI : Comment est organisé le groupe ?
Christophe Gautier :
Vernet Dray et Solyfonte sont deux entités autonomes et indépendantes par leur parc machines. Néanmoins, elles coexistent ensemble notamment dans ce que j’appelle le plan de continuité, afin d’assurer continuellement notre production. Concernant le bijou, tout comme les objets d’Art chez Solyfonte, nous sommes capables de partir d’une page blanche jusqu’au processus de fabrication. Au-delà de notre clientèle de détaillants, nous travaillons avec les maisons de la place Vendôme et les marques internationales, ce qui a conduit à une restructuration de nos services et départements métiers.

LBI : Tout est intégré, est-ce justement ce qui fait votre force ?
Christophe Gautier :
L’expérience centenaire confirme notre savoir-faire, notre agilité à faire de la bijouterie mais aussi de la haute joaillerie. Nos équipes sont formées à toutes les spécificités métiers pour concevoir des bijoux de A à Z.

LBI : En terme de savoir-faire, comment arrivez-vous à maintenir un haut niveau d’exigence ?
Christophe Gautier :
Depuis une dizaine d’années, on constate que notre notoriété n’est plus à faire surtout dans notre activité de sous-traitance. Notre métier est un travail de l’ombre. J’aime dire que je suis un peu comme un réalisateur derrière le rideau du théâtre… On doit aussi cette notoriété à Aymeric Dussez, directeur général de Vernet Dray dont la maitrise de la joaillerie est remarquable. Si les maisons nous sollicitent, c’est pour notre savoirfaire, certes, mais aussi pour notre capacité à intégrer les nouvelles technologies et innovations. Nous avons noué des partenariats avec nos fournisseurs qui nous prêtent volontiers des machines et de nouveaux outils pour les tester. On mêle aujourd’hui travail manuel et automatisation des tâches grâce au prototypage rapide. Nous sommes régulièrement audités par nos clients sur la sécurité et les grands principes RSE, en plus du RJC. Nous avons d’ailleurs embauché, l’année dernière, un responsable QHSE (Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement).

LBI : Parlez-nous de vos dernières collections et/ou innovations produit ?
Christophe Gautier :
À l’écoute du marché et des tendances, nous travaillons sur des matériaux innovants, notamment des associations de métaux tels que le bronze ou le titane avec de l’or. Nous intervenons en traitement de surface (galvanoplastie) mais aussi d’anodisation, ce qui nous permet d’obtenir un nuancier de splendeur de couleurs adapté au titane.

LBI : Qu’en est-il de votre entité Solyfonte ?
Christophe Gautier :
Basée à Montbrison, Solyfonte est une entité à part avec une fonderie à cire perdue plus imposante, capable d’accueillir de plus grandes pièces d’art ainsi que la bijouterie. Anciennement dénommée société lyonnaise de fonderie, elle avait été rachetée, il y a une vingtaine d’années au tribunal de commerce de Lyon, par la fratrie Saint-Romain.

LBI : Dans quel but a-t-elle été créée ?
Christophe Gautier :
Au départ, elle s’adressait à des clients qui n’avaient pas la place ou les moyens techniques de procéder à de la fonte à cire perdue. Savoir-faire en perdition, Christophe Saint Romain l’a relancé à Lyon avant de l’installer à Montbrison. Depuis dix ans, nous constatons une véritable appétence des marques à renouer avec le Made in France. Solyfonte se distingue par une bijouterie en argent et laiton plaqué or. L’entreprise intègre également un atelier d’orfèvrerie qui fabrique des pièces en argent massif et en bronze dans le domaine de la décoration d’intérieur. D’une dizaine de personnes il y a vingt ans, l’entité emploie aujourd’hui 90 personnes. Solyfonte a su grandir par le besoin capacitaire de sa clientèle et son aptitude à de nouveaux process. Elle répond aussi bien à une pièce d’art de la table qu’à une boucle de ceinture en passant par un trophée. La diversité est telle que l’on peut aller très loin dans la forme et la définition d’une pièce. En 2019, le groupe a racheté la société de luminaires Bronze d’art français, basée à Décines-Charpieu, pour pérenniser la fabrication de lustres de style et des luminaires contemporains haut de de gamme.

LBI : Gardien de précieux savoir-faire, comment faites-vous pour les pérenniser notamment en termes de transmission ?
Christophe Gautier :
En interne, nous pérennisons et motivons l’évolution et l’expertise de nos bijoutiers par des parcours de formation. Nous suivons également les lycées techniques. Nous parrainons quelques écoles spécialisées via la taxe d’apprentissage ou autres projets ponctuels. Nous sommes aussi à l’écoute des personnes en reconversion professionnelle dont les compétences se rapprochent de nos besoins (ex : couturière, métiers manuels…).

LBI : En matière de RSE, quels sont les axes que le groupe a engagé ces dernières années ?
Christophe Gautier :
La sécurité et la bienveillance vis-à-vis de nos équipes est notre priorité. Le recyclage et le suivi du contrôle des métaux utilisés en est une autre. À ce niveau, nos fournisseurs s’engagent sur la traçabilité, notamment pour l’or (certification COC). L’ensemble des équipes est aussi très sensible au recyclage quotidien que ce soit pour l’électricité ou l’eau. Notre activité de fonderie est assez énergivore mais néanmoins nous avons su mettre en place des process efficaces : circuit d’eau fermé, eau recyclée et réutilisée en interne, plâtre de fonderie réutilisé par le secteur du BTP, métal réaffiné… Notre prochain objectif, et non des moindres, est d’installer des panneaux solaires chez Solyfonte qui compte 2 000 mètres carrés de bâtit.

LBI : Quels sont vos projets pour le groupe d’ici cinq ans ?
Christophe Gautier :
Pouvoir encore s’étendre, notamment à Montbrison. Ouvrir des ateliers en périphérie de Lyon et dans l’hexagone, pour répondre aux demandes croissantes de nos clients. Enfin, acquérir encore de nouveaux clients de la place Vendôme et pérenniser notre projet d’entreprise.

Actualités et informations

en cliquant ICI ou ci-après

Par Caroline COIFFET – Le Bijoutier International Magazine / N° 876

Nos derniers articles

MANOYAS, le bijou spirituel

MANOYAS, le bijou spirituel

Le paysage joaillier vient d’accueillir une toute nouvelle marque. Fondée par Yasmine Bakkali, Manoyas, propose des bijoux imprégnés de symbolisme, des guides inspirants, protecteurs, et délicats. Yasmine Bakkali, fondatrice et créatrice. Yasmine vit au Maroc jusqu’à...

D1928, la perle de la riviera…

D1928, la perle de la riviera…

Petite-fille et fille de négociants en perles, Olivia Seitz-Porchet en connaît tout l’univers, fascinant, certes, mais souvent trop classique à son goût. La jeune femme rêve de créations inédites, de modèles que les femmes pourraient arborer quotidiennement,...

LES RÉALISATIONS ARCHITECTURALES NOMBRE D’OR

LES RÉALISATIONS ARCHITECTURALES NOMBRE D’OR

Depuis sa création en 1979, l’agence d’architecture commerciale Nombre d’Or est spécialisée dans la réalisation d’espaces pour le secteur HBJO. Aujourd’hui dirigée par René Herrou et Morgan Aubert, ce dernier nous raconte comment leurs projets “clés en mains” se...

OROAREZZO 2024

Nos derniers magazines

le bijoutier international mars 2024
le bijoutier international
Le Bijoutier International Magazine
le bijoutier international octobre 2023