Le corail rouge est une espèce mythique, utilisée par l’homme depuis la préhistoire : objet religieux ou de parure, médicament contre les empoisonnements ou amulette contre le mauvais oeil. Son histoire pourrait être aussi simplement celle d’une « errance » scientifique, que l’on retracerait depuis Théophraste, Ovide, Pline, Dioscoride… En effet, limite entre naturalia et artificialia, entre végétal, minéral et animal et donc, entre vivant et non-vivant, Il fascine.
Par Françoise Tardy-Carrière, gemmologue et professeur à l’Institut National de Gemmologie

Au total, sur 1.500 espèces découvertes jusqu’à présent, nous ne parlerons ici que du corail rouge — Corallium rubrum, ou corail précieux, espèce endémique de Méditerranée.
Selon les grecs, Il est le sang de la Gorgone Méduse, monstre marin qui pétrifiait quiconque la regardait et qui eut la tête tranchée par le demi-dieu Persée. Il est aussi surnommé le sang de Neptune, dieu de la mer chez les romains.
Et cette idée de sang devenu pierre — ou plante, on ne sait trop… — perdurera longtemps dans l’imaginaire des hommes. Il faudra attendre la finesse d’observation et l’intuition géniale d’un médecin marseillais du siècle des lumières, Jean-André Peyssonnel, pour comprendre, vers 1724, qu’il s’agit bien d’un animal. Et les « fleurs blanches » que l’on voit fleurir sur la surface en sont bien les tentacules… Et on en déduit donc qu’il est apparenté au poulpe !
Encore une « errance »…
Puis, au XIXè siècle, la science moderne finira par faire toute la lumière sur l’espèce : C ’est un cnidaire (de Knidé, ortie en grec), constitué d’un polypier en calcite, qui est d’ailleurs la matière que l’on travaille en bijouterie et qui constitue le squelette externe de l’animal, coloré en rouge (« sang de boeuf »), orangé, rose… par une sorte de caroténoïde. Il vit fixé à demeure sur les fonds rocheux et obscurs de la Méditerranée, les parois des grottes sous-marines, avec peu de lumière, jusqu’à plus de 100 m de profondeur.
Longtemps menacé par les chalutages de fonds, encore aujourd’hui par les pollutions marines et le réchauffement climatique (son squelette blanchit aussi si l’eau se réchauffe), sa pêche est aujourd’hui très règlementée. Seulement une dizaine de pêcheurs — corailleurs sont assermentés dans tout le bassin méditerranéen pour plonger en scaphandre autonome, seulement à partir de 60 mètres de profondeur, pour récolter à la main les branches supérieures à 10 centimètres d’envergure, car sa croissance est d’une extrême lenteur (de 2 à 8 mm/an).
Le corail est un indicateur précieux de la santé de notre Méditerranée.
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