
Depuis 2009, l’incontournable maison de joaillerie fine Pascale Monvoisin continue de conquérir les coeurs de chacune. À sa tête, une artiste dans l’âme. « Je ne viens pas du monde de la joaillerie, je suis autodidacte. Avant, il y avait la peinture et la sculpture sur mon temps libre. J’ai toujours eu un rapport très direct à la matière, c’est mon langage, ma sensibilité. Assembler des formes, des textures, des couleurs et trouver une justesse dans ces ensembles est ce qui m’intéresse.»
Sans cesse inspirée, la créatrice est à l’affut du moindre instant. « Cela part souvent d’un détail, même si ça peut paraître banal de le dire. Bien sûr, il y a l’art et le design, mais au delà du visuel cela peut venir d’une bribe de conversation entendue dans la rue, d’une lecture, d’une pensée. Quelque chose qui m’attrape et que j’essaie ensuite de faire passer dans la matière. » Et le dessin ne la quitte jamais. « J’ai toujours un carnet dans lequel tout se construit par strates. Une idée en amène une autre, certaines restent, d’autres pas. Je reviens dessus, me demande si ça fait sens, si c’est juste joli, si j’ai vraiment envie de le porter ! »
Fidèle à son ADN, Pascale gravite autour d’axes qui lui sont chers. « D’abord, le travail de l’or que j’aime aborder de différentes manières. Parfois lisse, parfois plus texturé. Dernièrement, avec la collection “Gaby” j’ai voulu donner l’effet d’une feuille d’or posée sur la peau. » Puis les pierres, très centrales dans son travail. « Souvent, ce sont elles qui déclenchent une création. Je les préfère un peu brutes, avec de la personnalité. Je continue à les choisir une par une, c’est essentiel. » Et bien sûr la résine. « Je la travaille depuis le début au sein des collections “Bowie” et “Pierrot” qui nous ont fait connaître. »
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Pas à pas, Pascale varie les procédés de conception. « On peut partir d’une idée posée sur le papier, ou directement d’une matière que l’on travaille pour en faire émerger une forme. Et si une pierre ne répond pas à des tailles classiques, comme dans la collection “Gaia”, c’est elle qui va tout dicter. » « Côté technique, tout le développement et le prototypage se font à Paris. Les pièces sont ensuite fabriquées à Jaipur, en Inde, dans un atelier avec lequel je travaille depuis mes débuts. Nous avons grandi ensemble. »
Et lorsqu’on lui demande quel bijou représente le mieux l’esprit de la maison ? « Sûrement les collections “Bowie” et “Pierrot”. Des assemblages d’or, d’argent, de diamants et de résine, avec cette quête d’harmonie de matières et de couleurs très présente dans mon travail. On me demande souvent pourquoi “Bowie” ? David Bowie est décédé le jour où cette ligne a abouti. Le nom s’est imposé, j’aimais énormément cet artiste, pour sa créativité, sa liberté, sa capacité à se réinventer. » Contrairement à d’autres, Pascale n’a pas de pièce fétiche. « Je suis assez infidèle, ça dépend des périodes ! Je varie en fonction de mes tenues, des moments. Je porte beaucoup de colliers en or, souvent en accumulation. En réalité, mes bijoux sont tellement présents dans ma tête que je ne les quitte jamais vraiment. »
De ces mots sur nos tendances nous retiendrons : « Quant on parle d’alliances je pense bien sûr à la mienne, un anneau diamanté très fin de Ileana Makri. Les pendentifs sur lien me parlent beaucoup. Ce sont des grigris, des talismans, qui évoluent dans le temps. J’aime beaucoup les perles, elles ont quelque chose de très pur, de très fort. Le vert est une de mes couleurs préférées. En pierres, il en existe une richesse incroyable que j’adore utiliser dans mes collections. Concernant les bijoux pour hommes, la collection “Marcel” a reçu un très bon accueil. Ce qui est chouette, c’est qu’elle est aussi beaucoup portée par des femmes. Cela me plaît de penser le bijou de manière peu genrée et je travaille dans ce sens sur plusieurs collections. »

Par Catherine Lhullier pour LE BIJOUTIER INTERNATIONAL Magazine

















